Construire mon bonheur
Social et Santé

Le social

 

Le social c’est quoi ? Sans doute une autre façon de vivre ensemble ? Vraisemblablement avec une poignée de main et un sourire pour que chacun puisse trouver sa place au milieu des autres.

  Le social ne peut pas continuer de se limiter à une distribution d'aides matérielles et financière. Le vrai social c'est bien autre chose de plus humain qui engage et touche le coeur de celui qui donne. Donner comment ? là est la question ? Peut être aussi savoir demander pour donner mieux et plus ???

La conception actuelle d’une société d’individus, avec une étiquette sur la situation de chacun me fait mal. Couramment j’entends parler des alcooliques, des drogués, des sidéens, des handicapés. J’entends aussi parler de ceux à qui il manque quelque chose, comme si ce manque était un état de fait, inhérent à la personne elle-même : les sans logis, les sans emplois, les sans papiers, les sans amis et même aussi les sans fenêtres après la catastrophe AZF de Toulouse, … et pourquoi pas aussi les sans préoccupation des autres, les sans partage ?

Il aurait pu m’être agréable d’inventer ces deux dernières catégories. En fait, cette conception du social me fait mal parce qu’elle veut parler de tout le monde et mettre une étiquette sur chacun pour mieux l’oublier. Et pourtant, chacun est unique dans sa personnalité d’être humain, et mérite d’être considéré et respecté dans son identité propre.

Ce social que je dénonce est un peu à l’image d’une politique qui ne voit que la France d’en haut et la France d’en bas. Une simple gestion des populations comme un gardian de Camargue avec son troupeau de bétail.

Cette conception me fait mal parce qu’elle veut s’occuper de tout le monde et oublie chacun dans sa spécificité.

Je souhaiterais parler d’un social qui soit ouvert et accueillant à chacun dans sa spécificité et la richesse de ses différences. Je souhaiterais un social qui n’oblige pas chacun à rentrer dans l’unique moule républicain de « la seule réussite scolaire », ni dans celui du modèle obligé de la « réussite économique ». Je souhaiterais que chacun ne soit plus un numéro ou un pion parmi d’autres.

Je ne voudrais pas parler de l’être humain dans sa maladie ou dans sa misère financière ou bien pire encore dans son dénuement, mais parler d’un être humain qui souffre[1] et espérer pour chacun une seule chose et la principale de toutes : le respect et la considération. Un telle démarche de la pensée serait déjà un grand pas pour effacer le sentiment d’être oublié, réconcilier les cœurs et briser le sentiment d’exclusion vécu par nombre d’entre nous dans sa différence. Beaucoup de choses se vivent dans le cœur et l’intérieur de chacun. Beaucoup de choses se vivent dans les sentiments, les émotions et les peurs. Les angoisses et les inquiétudes du lendemain sont là présentes et envahissantes. Un sourire et une main tendue apporteront cette chaleur qui manque beaucoup trop aujourd’hui.

 

Notre "Ferry" national nous a indiqué comment faire pour que « la vie soit bonne ». Moi je voudrais seulement souhaiter que chacun ait une raison de vivre[2]

 

Je voudrais faire pour que chaque personne se sente comprise, se sente acceptée, qu’elle ait le sentiment d’appartenir à une société qui soit la sienne, qu’on lui donne les moyens d’être libre. Ce sont pour moi des clés, et il y en a sans doute d’autres, qui seraient susceptible de construire un vrai social, celui de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

 

 

L’égalité et La fraternité ce n'est pas attendre que quelqu'un soit tombé pour mettre en place un système d’aide et de mise en dépendance, mais mettre en place un accompagnement, une éducation ou une formation lui permettant de ne pas tomber, et lui donner les capacités de tenir debout.

 

Un exemple parmi d’autres, la drogue légale et les drogues illégales. De plus en plus de jeunes fument de tout et n’importe quoi !  et de plus en plus tôt, et les filles plus que les garçons. Pourquoi ? il y a une raison. Le social c’est d’abord se poser les bonnes questions pour faire aussi de la prévention quand d’autres ne font que de la répression. Le social ce serait aussi agir avant. Maintenant le cancer du fumeur se manifeste avant 25 ans. Trois cas constatés à ce jour en France. C'est nouveau, et depuis peu. Aujourd’hui 60.000 décès imputés au tabac ( indice calculé approximatif  1 décès/9) , prévision de 120.000 en 2020 si le phénomène continue  ( indice calculé approximatif  1 décès /5) . Le tabac n’est pas la seule drogue[3] de nos jeunes. Les conséquences sur la santé, les conséquences sur le comportement, les difficultés accrues à s’insérer dans le tissus social, sont là aussi. Les drogues ne solutionnent jamais les difficultés, elles les amplifient. Quelle prévention est mise en place pour la santé de nos jeunes ? des informations, des interdictions ? on ne parle que de çà, c’est nécessaire, c’est indispensable et les mesures prises sont insuffisantes dans leur application.  Je le pense réellement, mais la vrai prévention serait de se poser la question « Pourquoi les jeunes tombent-ils dans les drogues : le tabac, le cannabis, l’ectasy et bien d’autres produits tout aussi dangereux pour la santé ? ». « Que peut-il être possible de faire ? »

Sachant que la compensation dans une drogue[4] est très souvent la réponse à un manque, il est possible d’envisager une réelle prévention avant, par rapport à ce manque, parce que après ce n’est plus de la prévention. Alors, là et seulement là il y aura égalité pour tous dans les possibilités de conserver sa santé. Égalité aussi dans le bien vivre.

 

La liberté c’est être capable de choisir, c’est donc aussi la faculté d’être en mesure de ne pas tomber dans les dépendances. En donnant à chacun une information et des outils pour un mieux vivre, c’est un moyen de lui permettre de préserver sa liberté face au danger des conduites addictives. La seule solution (interdits + répression) ne préserve pas la liberté de la personne, bien pire encore, elle la met en dans une dépendance supplémentaire.

 

Par contre, une large information et une éducation[5] à bien vivre, respecte la liberté de la personne et lui donne la possibilité de conduire sa vie en dehors des nombreux troubles que notre société connaît : anxiété, angoisses continuelles, stress, déprime, dépression, drogues, conduites[6] et comportements[7] à risques. drogues légales comme l’alcool, le tabac, drogues illégales comme le cannabis et les autres produits du trafic mondial, drogues dans le comportement comme l’activisme. La recherche d’une compensation est souvent le signe d’un désordre intérieur.

 

Nécessité donc d’une réelle prévention par une éducation à bien vivre, en sus de la répression et des interdits de façon à ce que chacun puisse être libre devant les difficultés de la vie actuelle.

 

Il y a déjà pour beaucoup d’entre nous, une absence plus ou moins prononcée à être soi. Un état d’être qui est lourd de conséquence dans la perméabilité aux influences extérieures et aux addictions encore plus facilement possibles.

Pour moi le social commence, non pas par une aide ou un accompagnement quand cela ne va pas, mais dans l’accompagnement de chacun à être soi-même. Pour moi, le vrai social, c’est donner à chacun la possibilité de grandir avant de tomber, sinon la situation trop souvent difficile à résoudre. Pour moi le social ce serait de la prévention. De la vrai prévention. C’est à dire une approche globale de la personne dans sa situation et dans son devenir en tenant compte de ses désirs, de ses goûts et de ses aspirations. Une telle formation concerne tous et chacun d’entre nous dans sa personne et dans son environnement. Un développement personnel et un développement relationnel. C’est ce que nous faisons dans notre milieu associatif.

 

Pour moi, le vrai social ce serait donner à chacun ce minimum de formation nécessaire pour apprendre à bien vivre. Une éducation laïque à bien vivre, donnant à chacun plus d'autonomie face aux difficultés de la vie. Le vrai social de demain, serait de ne pas avoir besoin de faire le social d'aujourd'hui.

 

C’est ce à quoi je m’emploie, et c’est pourquoi je suis en mesure de vous dire que c’est possible….  

                                                Didier


[1]  « Il y a des pays où l’on meure de faim, dans notre société, on crève de ne pas avoir de raison de vivre. »

[2]  le manque de lien social, le manque de confiance en soi, le sentiment de culpabilité, l’absence du sentiment d’appartenance font qu'il n'y a plus de raison de vivre.

[3]  Décès :  90.000 drogues + 12.000 suicides + 8.000 décès par accidents de la route. Actuellement  5.525 décès par an dans une période de population vieillissante.
Dans les drogues : 60.000 décès par le tabac actuellement, prévision de 120.000 décès en 2020 avec la progression actuelle auprès des ados, et une consommation de plus en plus jeune.

[4]  Drogue : il y a drogue lorsqu’il y a dépendance physique (alcool, tabac) ou dépendance psychique (cannabis)

[5]  Éducation : Il y a plus de 60 ans Freud nous parlait déjà de la nécessité d’une éducation à bien vivre.
 « Une éducation laïque à bien vivre » pour reprendre la traduction littérale du texte.

[6]  Conduites à risques : vitesse excessive, non respect du code de la route, absence de protection avec la ceinture et le casque. Plus d'accident au volant pour les hommes, plus de décès en voiture pour les hommes que pour les femmes.

[7]  Comportements à risques : anorexie, scarification, tentative de suicide …

Accidents de la circulation et Suicide
Thème
Hommes
Femmes
Décès au volant
73%
27%
Décès avec alcool au volant
27% des hommes
12,5% des femmes
Décès de piétons  
70%
30%
Suicide    - indice
3
1



Pour les situations notées ci-dessus,
la prévalence et de 2 à 3 fois plus de décès pour l'homme.

Deux explications peuvent être envisagées

1- Différence intrinsèque masculine de l'appréhension des évènements extérieurs. ( L'homme vit plus dans le faire que dans le ressenti. )
2- En sus de celle-ci, et l'amplifiant outre mesure, demeure encore les conséquences désatreuses d'un "éducation masculine" ne le préparant pas aux difficultés de la vie.

En résumé, notons que l'ensemble des décès  masculin et féminin, pourraient être avantageusement minorés par "une éducation laïque à bien vivre" faisant directement référence aux conclusions de FREUD dans  son dernier livre, "Le malaise des civilisations", écrit dans les années 45.