Construire mon bonheur
Le sens de la vie

 Le sens de la vie

Je ne vous apprendrai rien, vous savez tout comme moi, chacun connaît bien sa vie qui est la sienne. Je me propose seulement de vous aider à redécouvrir ce que vous savez déjà et que vous avez peut-être oublié, parce que des souffrances ou des difficultés ont été là pour vous séparer de vous-mêmes.

Vous êtes en recherche pour vous, ou bien, vous aidez ou accompagnez quelqu’un, alors je vais essayer de m’expliquer le mieux possible pour chacun. Mais, est-il nécessaire d’être handicapé pour se poser la question du sens de la vie. Faut-il attendre qu’un accident de la vie n’arrive ? Et si je suis un professionnel, il est vraisemblable que je n’ai pas choisi cette profession par hasard, mais pour répondre à un besoin intérieur de donner. Avec les années, le manque de temps, les habitudes et la monotonie qui s’installent, peut-être m’est-il encore plus difficile aujourd’hui, de faire une halte, faire une pose pour me resituer avec moi-même. Et si je suis là, au « salon Vivre Mieux Grand Ouest » [1] à écouter cette conférence ou à lire ce texte) c’est sans doute que je me pose une question et que j’ai envie de trouver[2] une réponse. Une chose est sûre, je ne pourrai pas aider quelqu’un à mettre du sens dans sa vie, si moi même n’en ai pas dans la mienne. Bien plus que l’exprimer parce que c’est très personnel, cela se respire à travers mon sourire, mon regard, et le moindre de mes gestes. Il me semble que c’est bien plus par le langage non verbal que par le parole, qu’il m’est possible d’aider quelqu’un à retrouver le sens de sa vie. Et si, parce que trop proche, ou ayant beaucoup de liens affectifs, je ne peux pas l’aider, il m’est possible d’être présent. Effectivement, quand on est proche de quelqu’un, il est encore plus difficile de l’aider[3]. Accompagner avec respect et amitié c’est possible. Cela s’apprend.

Si la société nous montre la violence et nous l’impose plus ou moins, pourquoi ne nous montrerait-elle pas, aussi ce qui nous construit et nous apprend à mieux vivre ensemble ?

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Une grande question se pose, moi qui suis parent, comment puis je donner à mes enfants du sens dans leur vie ?

La question est la même pour ce bénévol

e, membre associatif, qui travaille avec son coeur et son empathie, Ce bénévole qui veut donner à cet autre en difficulté un sens à sa vie, alors que cet autre n'a plus envie de vivre ?

La question est la même pour ce professionnel qui travaille avec sa technicité et son expérience acquise dans son métier, ce professionnel qui veut donner à son patient le désir de vivre au-delà du poids des souffrances accumulées dans la vie ?

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Une étude conséquente a été effectuée par Charles Moss sur "le don". La démarche entre "donner et recevoir" et les liens qui s'en suivaient, la démarche entre "recevoir et rendre" et les liens qui s'en suivaient. Dans la présentation de cet étude, je n'ai pas entendu parler de "demander".

Et pourtant je me demande volontiers si le plus grand don ne se fait pas à travers une demande. Quand il m'est arrivé, en pleine campagne, de demander mon chemin à un ancien assis sur banc, triste et affaissé, à coté des ses camarades somnolents,  je l'ai vu subitement se relever, sourire et me répondre avec plaisir. Retournant dans la voiture, mon collègue de travail assez observateur me dit: "Tu leur a demandé quelque chose, maintenant ils se sentent exister. Ils ont des choses à te donner et ils se sentent utiles."

Et moi, aujourd'hui, j'ajouterai: "en demandant quelque chose à quelqu'un, il est possible de lui donner un sens dans sa vie.

Dans les années 50, cet exemple de donner en demandant est encore plus pertinent lorsque Georges Folgoas dit à ce désespéré qui voulait mourir: "Je n'ai rien à te donner, mais viens m'aider à construire une cabane pour une pauvre femme avec son enfant". L'homme en question, a accepté de venir construire cette cabane. Mais cette demande n'a pas fait que générer une étincelle de vie. Je dois aussi ajouter que cet "ancien désespéré", est devenu un grand animateur et un donneur d'espoir dans le mouvement associatif de Georges. 

Aujourd'hui dans notre société de "cadeau objet", je me demande si le plus grand cadeau à donner à quelqu'un ne peut pas être quelque fois de e rien donner, mais de demander quelque chose .

DEMANDER  POUR DONNER

Lancer un os à un chien, ne construit aucun lien.

Parachuter deux tonnes de riz, en sacs de 10 kilos au dessus d'une population en famine, ne construit aucune lien.

Donner une pomme à un homme qui attend une pièce pour boire un coup, ne respecte pas cet être en souffrance.

Donner en obligeant à prendre, ce n'est pas donner, dans le sens du vrai don.

Le vrai don c'est proposer et laisser prendre.

Et alors je m'imagine que:

Demander c'est parfois donner,

  donner un sens à la vie.

 Dans les années 90, quand cet "imprudent", avec l'insupportable poids de souffrances trop lourdes à supporter, a traversé en vélo un feu rouge à toute vitesse. Après le choc, alors qu'il se relevait, un homme a arrêté sa voiture, baissé la vitre de la portière et lui a dit: "Tu ne t'imagines pas, mais la prochaine fois tu peux rester dans un fauteuil roulant, toute la vie !" L'imprudent est reparti, tel un automate, un vrai zombie sur son vélo. Sur le moment il n'a rien compris mais plus tard il m'a raconté: "Cet inconnu, je peux le remercier car ensuite je n'ai jamais recommencé. Aujourd'hui j'ai l'impression que c'était un geste d'amitié. Sa demande de prendre soin de moi, et a été un cadeau précieux."  Plus tard, longtemps après, cet homme ajouta pour compléter son récit:

 "En me demandant de prendre soin de moi, il m'a donné le sens de la vie. Un sens que je n'avais plus." 


Demander c'est quelquefois
                               
donner un sens à la vie.



 Un cordonnier avait repris l'affaire de son père. Ce dernier était donc à la retraite, alors il lui arrivait parfois de s'ennuyer durablement. Son fils qui avait bien compris la situation de son père, arrivait de temps à autre avec des chaussures à réparer --> "Est-ce que tu pourrais me donner un coup de main, je suis débordé en ce moment et je n'ai pas la possibilité de prendre un employé pour m'aider ?" Et son père de répondre immédiatement un grand oui, avec le plaisir d'aider son fils, et un sourire comme un rayon de soleil après la pluie. 
 
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Le sens de la vie,
ne serait-ce pas aussi, l

e lien social,

cette chose qui fait que l'on est bien ensemble ???
le sentiment de se sentir utile ???

et vous ? qu'en pensez vous ???

merci de votre réponse. La votre.



 Le sens de la vie au delà des difficultés rencontrées est explicité dans la rubrique "Handicap"



[1]   Conférence au salon « Mieux Vivre Grand Ouest » du 2 et 3 octobre 2003 au parc expo aéroport de Rennes. Handicap, dépendance et maintien à domicile.

[2]   J’ai bien dit « trouver » un sens à sa vie, je n’ai pas dit « mettre », ni « donner » du sens. Personnellement je pense que le « sens » ne se crée ni ne se fabrique. Je ne suis pas un magicien pour le créer ex nihilo, le sens existe, il est là, et je ne le vois pas. A moi de le découvrir et de le faire grandir. Il s’agit de trouver le sens là où il est.  Ne trouve que celui qui cherche

[3]   La relation d’aide nécessite d’être neutre ; c’est à dire ni protecteur, ni persécuteur. Le protecteur c’est celui qui protège et finit par ne plus laisser la place de vivre, ne respecte pas le libre choix. Le persécuteur c’est celui veut faire avancer l’autre, le bouscule. Lorsque les sentiments sont là, il est bien difficile de trouver le juste milieu.