Construire mon bonheur
Violences


Les racines de la violence.

A moi aussi, il m’arrive de croquer la pomme, ce fruit qui donne accès à la connaissance du bien et du mal. Alors c’est le jugement. Je juge, je catalogue, je classe, je met les gens les uns derrière les autres, je met une étiquette sur chacun. Je crois mettre le monde en ordre et c’est le désordre. Il y a prédilection et exclusion, l’un ne pouvant aller sans l’autre. C’est l’enfer entre nous, et  beaucoup de souffrances bien évidemment, puisqu’il y a manque d’amour. Les racines de la violence sont là: un manque d'amour et beaucoup de souffrances non gérées.

Je crois personnellement qu'il n'est pas possible de parler de la violence sans évoquer la souffrance de chacun. Souffrance  initiale de ceux qui sont violents, mais nécessité de respecter l’autre, même dans la colère ou les frustrations. La violence est inacceptable et dans de nombreux cas elle pourrait être évitée. La première souffrance des victimes dans leur agression subie, c'est la violence subie. La seconde souffrance c'est la non reconnaissance de leur statut de victime. Cette nouvelle agression est une violence inadmissible que la société leur fait subir. Les victimes ont besoin qu’on leur donne les moyens de se réintégrer à travers des lieux d’accueil et d’écoute attentive. Rien ne peut être construit durablement dans notre société d’aujourd’hui, sans une compréhension de chacun.

La violence est avant tout un manque d’amour. S’il n’y avait pas cette psychose narcissique, il n’y aurait pas la peur, ni la violence que l’on connaît dans notre société d’aujourd’hui. Nécessité donc de développer une meilleur estime de soi et un mieux vivre ensemble.

 « Aimer les autres comme soi-même », je ne vous l’apprendrai pas, c’est tout simplementcommencer par s’aimer soi-même pour mieux aimer les autres ensuite. C’est vrai et ce n’est pas suffisamment dit. J’ai même bien souvent entendu le contraire. Dire et faire croire que penser à soi c'est de l'égoïsme, c'est la première des violences sociétales. Toute cette violence est encore là, aujourd’hui, présente au milieu de nous.  Il y a encore des gens qui disent qu’il ne faut pas s’aimer, parce qu’ils ne s’aiment pas eux-mêmes. Et moi aussi, il m'arrive d'en faire partie, je ne m’aime pas suffisamment. C’est encore mon handicap pour mieux accueillir.

Commencer par m'aimer, est le ch emin pour ai mer les autres.

       Il y a des choses qui ont été dites, il y a des choses à rectifier, un message à faire passer. Besoin donc de redonner la confiance en soi. L'estime de soi.  Déculpabiliser. Prendre conscience de sa richesse intérieure. Être vrai avec soi-même. Se respecter. Respecter les autres.  Reconstruire ce que la société a détruit. Nécessité d’aider ceux qui en ont besoin. Nécessité aussi de reconstruire ce que la liberté d'expression a osé détruire. Le manque de respect et l'indifférence sont des violences insidieuses qui génèrent de nouvelles violences.

Et comme notre civilisation est très bien organisée aussi bien dans le social que dans l’économie, nous médicalisons facilement des gens qu’il ne nous est pas possible d’assister socialement, faute de structures suffisantes. Il y a un refus d'un "social humaniste" qui nous conduit dans le "social financier" actuel. C'est encore une violence de notre société, une parmi bien d’autres. La société c'est nous, la société c'est moi, j'ai donc quelque chose à faire. 

Devenir acteur  --> apprendre à gérer les conflits

 Le conflit est inévitable, et force est de constater que dans notre société nous ne savons pas gérer les conflits. A la violence, la société réponds par la violence et c'est l'escalade de la violence. Ce sont aussi les frustrations des victimes de cette soi-disant justice.

Pour simple information, les coupables mineurs ne paient pas, ni eux-mêmes, ni leurs parents responsables, les peines et les dommages de leurs actes de violences. Tout est facilement règlé par les assurances. Cette impunité complète est un choix de société. Mais pour la victime, c'est vécu comme un grand outrage difficile à supporter. 

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Le conflit est une divergence d'opinion sur un sujet déterminé. Dans le sens actuel du mot,  le conflit est un antagonisme, une discorde, une opposition, un tiraillement. Il s'en suit un désaccord difficile à résoudre si chacun demeure sur ses positions et refuse une vérité différente. C'est à la fois une richesse et une chance pour nous que tout le monde ne soit pas d'accord avec les idées des autres. 

Parfois le conflit est généré par une violence verbale lancée à l'attention d'un autre.

Dans la vie, autant le conflit est inéluctable, autant la  violence est évitable pour qui le veut bien 

Avec la conception traditionnelle de la gestion des conflits, les trois solutions les plus courantes ne sont pas constructive de la paix et ni du bonheur.
1- répondre à l'attaque 
2- ne pas répondre à l'attaque
3- et si je ne suis pas concerné: je peux laisser s'envenimer la situation et compter les points. Peut-être même aussi profiter de la situation comme les vautours qui ramassent les morceaux.
4- le coté le plus ludique mais aussi le plus sadique pour le spectateur, me semble-t-il, est de profiter du spectacle et d'applaudir. 

Et dans les deux dernières situation, je peux m'en sortir en tout bien et tout honneur. Je n'y suis pour rien. Je n'ai rien dit. Je n'ai rien fait. Je n'ai pas touché.

Entre les deux premières situations, celles de savoir s'il faut répondre ou non à l'attaque, demeure une troisième voie. Il ne s'agit ni d'être violent, ni de se laisser "bouffer" par l'autre, mais bien mieux encore, de refuser la violence et se faire respecter. Mais il s'agit d'en prendre les moyens et cela s'apprend.

1- renvoyer l'autre à ses responsabilités
            
 " tu es un imbécile ! " 
             une réponse possible 
   "cela est du ressort de ton appréciation"

2- renvoyer la balle
             
"tu es un imbécile ! "    
            deux réponses possibles    
    "apporte les preuves"
                                                        "je peux t'apporter un miroir, on est tous pareil"

3- prendre une distance verbale
           
   "tu ne réussiras jamais rien dans la vie ! "  
            
des réponses possibles        "je ne me sens pas concerné."
                                                   
 "je n'ai pas de temps à perdre."
                                                  
"tes propos ne m'atteignent pas."
                                                 
"tu peux parler, j'ai autre chose à faire."

4 - laisser parler et en demander encore plus
             
"tu ressembles bien  à un minable!
                 je n'ai rien à attendre de toi ! "   
             
une réponse possible         "c'est tout ce que tu as à me dire ! "
                                              " et tu me déranges pour si peu de choses !"

Apparemment anodines, ces réponses proposées, brisent l'escalade de la discorde.

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L'injustice du simple constat  Couramment, il est de coutume d'intervenir à partir du moment où un certain seuil a été dépassé. Celui qui a dépassé cette limite fixée est puni. Mais que s'est-il passé avant ?

            
  Xavier est réprimandé parce qu'il a donné un coup de poing à son voisin. Mais personne ne sait que Xavier a reçu une cargaison de noms d'oiseaux très agressifs. Xavier est humilié et son voisin est triomphant. Ce sont les prémisses d'une violence complexe et latente très difficile à maîtriser, car il sera impossible de savoir qui a commencé. Ce sont les violences d'un tiers dans la réprimande trop vite distribuée.

              Martine quitte le domicile conjugal, tous les torts lui sont comptés, parce que la loi ne prévoit pas de tenir compte des violences morales subies. Lui, s'en sort la tête haute et considère que tout est permis tant qu'il n'y a ni marque de violence, ni témoin.  Il est prêt à recommencer avec une autre compagne. Ce sont des violences de la justice parmi d'autres.

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L'issue finale conflits  Accepter d'entrer dans un conflit, nécessite de savoir que personne n'en ressortira gagnant. Le perdant est humilié, le vainqueur est doublement perdant: du fait qu'il s'est abaissé à de telles futilités, et bien plus encore du fait que le lien est coupé avec l'autre. Contrairement aux apparences, une humiliation de l'autre ne profite jamais au soi-disant vainqueur. Il y a aussi quelquefois le pourrissement des situations qui n'en finissent jamais.

    Avec des violences physiques, vouloir répondre ou pas ? Vouloir se défendre ou pas ? ce sont des questions très délicates. Dans de nombreux exemples, indépendamment de savoir qui a commencé ? qui est responsable ? l'irréparable peut être provoqué aussi bien par l'un ou par l'autre. Dans ce cas, se pose la sage question de savoir si je choisis l'hôpital ou la prison ? En effet il n'est que trop fréquent, que les passions et les souffrances étant là, il ne soit pas facile de se maîtriser. Combien de personnes ont donné des coups à leur conjoints, une violence qu'ils n'envisageaient pas au départ, mais une violence qui  les a conduit à faire de la prison. C'est dommage.

            Dans certains cas, où il faut savoir fuir les conflits nous dit Marie-France Hirigoyen.

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A ccepter la différence.       Aimer.         Accueillir.

 La répression institutionnelle contre la violence c’est bien, c’est nécessaire et il n’y en a pas assez. Mais le plus important pour sortir de ce cycle infernal de la violence qui entraîne la violence, c’est de donner à nos jeunes une éducation à bien vivre. Là, c'est bien le vide. Un seul éducateur pour 100 policiers. Pourtant, il y a une connaissance de soi à effectuer pour mieux se comprendre et  pour mieux s’aimer. C’est possible, c’est réalisable. J’ai eu l’occasion de le faire avec des jeunes de 4ème technique. L’intérêt porté et les résultats sont réels et très intéressants. 

La nécessité d'une éducation humaine, j'y crois mais je ne suis pas le seul[1]dans cette démarche, par contre je constate qu’on n'en parle pas suffisamment. Enfin, je n’invente rien, Freud nous en a suffisamment parlé dans ses derniers écrits. Une éducation laïque à bien vivre (psychologie + civisme).

La violence n'est pas une fatalité nous dit l'association "Langages Ouest"  à Nantes.

De nombreuses associations [2] , de nombreux professionnels oeuvrent aujourd'hui dans ce sens, même si leurs efforts demeurent encore mal  connus de tous.



[1]Les expériences du CRES de ROUEN sont une richesse pour l’avenir qui sera celui de nos enfants. (CRES = Centre Régional d'Éducation à la Santé)

[2]Association Contre la Non Violence ACVN .

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Les formes de violence

La violence physique

La violence verbale

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La manipulation

Le harcèlement moral

Le harcèlement sexuel

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Le harcèlement conjugal

Le  harcèlement  professionnel 

La routine de la monotonie acceptée dans sa vie

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La perversion

Le sadisme

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La violence contenue qui fait mal à l'intérieur de soi.

La violence exprimée qui fait mal aux autres.

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Victime de violences

 

La violence, il arrive souvent qu'elle dépasse les limites de l'acceptable. Ces limites ne sont pas celles déterminées par la seule gravité de la violence exercée, mais aussi par l'usure de la répétition, par les circonstances et la sensibilité de chacun.

I l m’arrive d'être victime de violences. La violence est inacceptable, dans n'importe quelle forme, en n'importe quelle occasion. La violence est le contraire de la vie.

Si je suis victime de violences, je suis en droit de refuser ces violences. C'est mon droit. Je dois le faire pour moi. Je dois le faire pour mes proches qui ont besoin de me voir dans le bonheur.

La violence n'est pas la vie, mais la mort. Jamais la violence ne peut être constructive de quelque chose.

Si je suis une femme subissant des violences de mon conjoint, si je ne sais plus comment retrouver ma place dans la famille, ni mon autorité auprès de mes enfants, je peux appeler  :
Violences conjugales        01 40 33 80 60 
Collectif féministe contre le viol     0800 05 95 95
Mouvement Français du planning familial     01 48 07 29 10l
Association DYADE     02 00 59 44 95
Association Agéna cliquez sur http://www.agena.org/   
SOS femmes cliquez sur http://www.sosfemmes.com

Si je veux communiquer par messagerie, je peux envoyer un E-mail à  inavem

Si je veux avoir des informations sur les associations  cliquez ici

Demander de l'aide, se renseigner auprès de professionnels ou auprès d'associations spécialisées, n'est pas fuir ses responsabilités, mais décider de faire face à une situation difficile. 

La violence est inadmissible et contraire à la loi. Faire constater les signes de violence et porter plainte pour défendre ses droits sont la procédure normale et réglementaire.

Il convient donc de savoir refuser la violence. Rien n'est facile. Dans certaines situations il est possible de trouver une solution, dans d'autres, seule le fuite est envisageable pour se protéger. 

Si je suis un homme subissant des violences de mon conjoint, si je ne sais plus comment retrouver ma place dans la famille, ni mon autorité auprès de mes enfants, il m'est bien difficile de savoir qui appeler. Le "sauveur Simon de Beauvoir", ne s'est pas encore  levé pour rassembler le dénommé "sexe fort". En fait, ce dernier est encore plus fragile et plus démunis face aux accidents de la vie. Plus fragile dans sa nature affective, plus fragile dans son histoire éducative, plus fragile dans cette société qui l'a beaucoup trop situé dans la force et la réussite. 


ET OUI, LES HOMMES AUSSI !
Pour information: l'association SOS FEMMES, tout comme de nombreuses autres associations, ne refusent pas d'écouter ni d'accompagner l'appel d'un homme en détresse.


Si je suis une personne âgée subissant des maltraitances, si je ne sais plus comment retrouver le calme et la paix, je peux aussi  téléphoner au   04 76 84 20 40 


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Auteur de violence

A moi aussi, il m’arrive d'être violent avec moi-même, d'être violent avec les autres. Je suis alors auteur de violences.

1- Commencer par reconnaître ce qui est violent et ce qui ne l'est pas.
                
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2- Accepter de reconnaître que je suis violent
                
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3- Trouver pourquoi je suis violent (mes souffrances, mes angoisses ...
         - La violence n'arrive pas par hasard. Le mot violence rime avec le mot souffrance.  Bien souvent, un comportement de violence est le résultat d'une grande souffrance. Une souffrance non exprimée. Une situation difficile du passée qui n'a pas été acceptée.
           - Gérer ses souffrances, n'est pas forcément évident. Quelquefois, l'accompagnement d'un professionnel est nécessaire.
            - C'est alors, comme une renaissance que survient une nouvelle façon de voir sa vie, et de la vivre pleinement en harmonie avec soi-même et avec les autres..
                 -  .

4- Commencer par m'aimer
                
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5- Prendre une décision qui soit la mienne
                
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6- Tenir mes engagements 
                
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Le violent est quelqu'un qui soufre, même s'il se refuse à lui-même de regarder la situation en face et de l'exprimer à son entourage. L'utopie et le scandale de la situation est que tout le monde souffre, aussi bien la victime des violences, que la personne subissant les violences. Au bilan, personne ne vit une vraie vie avec des échanges et de l'amitié.

Il lui sera possible, avec du courage et de la détermination de décider de vivre autrement, en acceptant de regarder la situation en face et surtout d'accepter les difficultés cachées.

Chacun est capable d'effectuer sa propre démarche de guérison. La décision appartient à chacun.  Personne ne la fera à la place de l'autre. Ce n'est pas possible, ce n'est pas souhaitable. Cependant une aide extérieure  auprès d'un professionnel ou d'une association spécialisée sera souvent nécessaire

Si je suis victime de violence    ne pas rester seul.  il m'appartient de demander de l'aide auprès d'un professionnel de la santé,  mon médecin de famille,  d'une association spécialisée. Voir liste en fin de cette page web.  Bien savoir, que je suis pas  pas responsable des violences que je subi. Inutile de me culpabiliser.

Je peux solliciter un accueil en   CMP   par un professionnel psy. Consultations gratuites et anonymes. Discrétion assurée.  Numéro de téléphone et adresse, au standard de l'hôpital ou en Mairie au CCAS.   
      appeller le   39-19     
gratuit et anonyme
Fil Santé Jeune  tél.     32 24   gratuit et anonyme

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Si je suis un enfant violent  à l'école ou en famille, il m'appartient de demander de l'aide à l'école auprès des responsables ou aussi auprès de l'infirmière s'il y en a une. Je peux demander de l'aide auprès de mes parents, du médecin de famille .
Je peux solliciter un accueil en   CMP   par un professionnel psy. Consultations gratuites et anonymes. Discrétion assurée.  Numéro de téléphone et adresse au standard de l'hêpital ou en Mairie au CCAS. 

Fil Santé Jeune  tél.     32 24   gratuit et anonyme
               http://www.filsantejeunes.com/



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Si je suis un parent désemparé  face à mes enfants,
si je ne sais plus comment établir mon autorité sans être violent, je peux appeler 
SOS Parents Désemparés     0800 03 46 08
Demander de l'aide, se renseigner, n'est pas fuir ses responsabilités, bien au contraire. C'est aussi se protéger d'être violent, et éviter d'être mis en cause pour non assistance éducative à ses enfants et maltraitance.
Je peux solliciter un accueil en   CMP  par un professionnel psy. Consultations gratuites et anonymes. Discrétion assurée.
Numéro téléphone et adresse au standard de l'hôpital ou en Mairie au CCAS

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 Si je suis un homme violent  
Je peux solliciter un accueil en CMP par un professionnel psy. Consultations gratuites et anonymes. Discrétion assurée.
Numéro téléphone et adresse au standard de l'hôpital ou en Mairie au CCAS. 

je peux consulter les sites de violences conjugales et familiales spécialisés.

   http://www.sosfemmes.com/ressources/contacts_hommes_violents.htm   site européen bilingue français et anglais


http://www.sos-violences.org/     site parisien: Rue Taine à Paris.  Sur rendez-vous: accueil  par des professionnels.  Je peux téléphoner au  01 44 73 01 27 pour obtenir de l'aide

Association pour la prévention de la violence en privé  Tél.  01 40 24 05 05
                6 impasse des Orteaux 75020 Paris

Centre d'accueil pour hommes violents à Marseille    Tél.  04 91 59 19 60

Association Parenthèse à Mulhouse  Tél.  03 84 54 06 03

Association de lutte contre les violences    Tél.   01 44 73 01 27

Association DYADE    Tél.  02 99 59 44 95


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    Citations 

 

« Rien de ce qui est établi par la violence et maintenu par la contrainte ne peut durer »
                                                                                                                                                      Léon BLUM

« La plus grande force dont puisse disposer l'humanité est la non-violence. »
                                                                                                                                                       GANDHI
 
                                                                                                                                    

« Je ne peux admettre la violence, même contre la violence. »                                                                                                             Roger MARTIN DU GARD            

« La colère est une courte folie »
                                                                                                                                                     HORACE

Jean FAYARD : « Tu peux vivre dans la merde,
auteur du livre                     tu t'en sors si tu as de l'amour.
"une enfance en enfer"                            Je n'ai pas eu d'amour.
(Ouest France du 4 septembre 2003)                           Je m'y suis enfoncé. »


« La différence est le seul point commun
 que nous ayons à partager ensemble
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 »
                                                                                                                                                     Didier votre webmaster

« Rien ne pourra remplacer l'élan du cœur,
 une poignée de main, un sourire.
 »   
(Ouest France supplément "Le temps de vivre" d'octobre 2003)                    
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
  
Jacqueline KELEN :


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Reconnaître la violence
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Avec les médias et notre mode de vie, où tout est violent, il est bien difficile de savoir où se termine l'acceptable et où commence  la violence.

La banalisation de la violence vécue, fait que nous ne sommes plus capable de savoir ce qui est violent, ce qui ne l'est pas, ce qui mérite du respect ou non. En prenant le temps de réfléchir sérieusement, chacun est capable de faire la part des choses. Cependant, pour nous aider à mieux nous situer, certains organismes de recherche nous ont dressé une liste non limitative de certaines violences, tant au niveau des actes que celui du vocabulaire employé. En toute évidence, il semblerait bien que là où s'arrête le respect commence la violence.

La violence des jeunes. La violence est utilisée comme un mode d'expression, lorsqu'il n'est plus possible de communiquer par le langage oral. Apprendre à mieux se connaître, savoir gérer ses émotions, exprimer un avis différent sont des moyens qui permettent d'exprimer vivre moins de violence auprès des autres.
            L
'accumulation des souffrances et la grande difficulté de pouvoir se confier, ne fait qu'amplifier cette violence. 
            Certains médias, ne facilitent pas la situation. L'exemple de la chanson "J'ai 10 ans et je te casse la gueule à la récré", ne fait que banaliser encore plus les voies de fait. 



        La banalisation de la violence en milieu familial
La violence tout le monde en voit, tout le monde en parle, mais personne ne sait où elle commence. Le violent ne connaît pas ses limites, et l’agressé, ne sait pas non plus les limites de ce qui est acceptable et de ce qui doit être refusé. Dans tous les cas, l’agresseur reporte sa responsabilité sur les autres par une petite phrase de ce genre « Ce n’est pas de ma faute, il n’avait pas besoin d’être là. » ou bien « c’est lui qui m’a énervé. »  Actuellement la violence n’est constatée que s’il y a casse matérielle ou blessure physique. En fait, la violence commence par l’absence de respect. 

En rentrant de son travail, il est très souvent énervé parce qu’il a  bu avec les copains. Ce jour là, il dit à sa femme :

« Comment se fait-il que la soupe n’est pas prête »

« Tu n’es qu’une incapable, tu es bonne à rien, personne ne peut compter sur toi ! »

et elle répond

« Je ne peux pas savoir à quelle heure tu arrives, ce n’est jamais la même heure. »

« Et puis tu pourrais quand même me parler autrement. »

et lui d’ajouter

« Mais ce n’est rien, je suis fatigué de la journée, ce n’est pas de ma faute. »

Pour la victime il est bien difficile d’identifier la violence, d’autant plus que dans un deuxième temps, il en réduit la gravité et dit ne pas être responsable de ce qu’il a dit. Dans certains cas l’agresseur accuse même la victime d’être responsable des violences qu’elle subit. Avec l’exemple cité ci-dessus, il y a eu humiliation (tu es bonne à rien), isolement de la personne de la société (personne ne peut compter sur toi). A force de répéter tous les soirs de telles propos, il y a une diminution de l’estime de soi. Ensuite peuvent s’installer la dépression et le désir suicidaire. Selon les chercheurs américains, les violences psychologiques et verbales sont plus lourdes de conséquences que les violences physiques. Le fait que l’agresseur minimise sa responsabilité, ne fait que renforcer la destruction de l’estime de soi de l’autre. La personne agressée, va finir par se croire responsable des violences verbales subies. Elle va se culpabiliser de plus en plus.

Dans ce cas, la prévention du sentiment de culpabilité, commence par l’identification de la violence. La victime doit elle même, être en mesure de reconnaître là où il y a violence. Pour reprendre la pensée de FREUD, elle doit donc être informée.

Selon la revue « Actualité et Dossier en santé publique » de Juin 2000 page 42 et 43, il y a violence avec des expressions : « Regarde de quoi tu as l’air ! » « bon à rien »  « tu es incapable » « personne ne te croira »  « tu n’es qu’un malade » « salope » « trainée »  « putain » . Avec de tels propos et divers autres situations dégradantes qui atteignent la personnalité dans sa dignité et sa respectabilité, Marie France Hirigoyen parle de meurtre psychique. En outre l’exigence de rendre les comptes au cents près, de refuser toute dépense personnelle, détourner l’argent du salaire du conjoint, empêcher celui-ci de consulter un médecin, lui interdire de téléphoner ou de sortir de l’appartement, etc. sont également des violences."(Ce paragraphe: banalisation de la violence, a été extrait du Mémoire: Prévention de la dépression et du suicide par un mieux vivre.)

 N.B. Les personnes, subissant de tels mépris, et  que j'appellerai volontiers "esclave de leur conjoint" ne sont pas des cas exceptionnels, et bien moins dans la "France d'en bas" que dans" la haute société". Les témoignages téléphoniques anonymes sont là pour le prouver. Rien n'est sû, rien n'est dit, tout est caché. Je me souviendrai, toujours un exemple parmi d'autres, de cette femme qui était malade et ne pouvait pas consulter un médecin parce que son mari, haut fonctionnaire, le lui interdisait, de plus elle n'avait pas le droit  de sortir seule de son appartement. Ce jour là, elle m'avait demandé de rappeler, parce que son mari surveillait ses appels téléphoniques.

Mes références dans la vie:

            
- Les références de la vie, ce sont d'abord les miennes, celles qui font écho à des images vécues. J'ai un passé qui a modelé ma mémoire et conditionné mes émotions. Pour chacun, une même violence sera vécue différemment. Pour une même personne, une même violence, sera ressentie différemment suivant son expérience qui est différente à chaque étape de la vie.

   - Il y a des violences que je suis capable de vivre sans en être affecté dans ma vie de tous les jours, et d'autres que je ne supporte pas parce qu'elles me font mal. Il y en a d'autres, que je refuse tout simplement parce que je les trouve inacceptables.

                                                                


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Quelle place pour la femme ?
Quelle place pour l'homme ?
dans la violence de la société

Un triste constat dans notre société
Ce qui devait être un petit nid d'amour,
est devenu l'endroit le plus violent de notre société

            Une femme sur 10 subit des violences au cours de sa vie. Un chiffre qui ne peut pas être mis à coté du mot démocratie dans un pays civilisé. Une bien triste constatation qui fait frémir notre devise républicaine Liberté, Égalité, Fraternité. 

                        La seconde vérité est que cette réalité est inconnue du monde politique, me semble-t-il, puisque notre premier ministre s'est  étonné et scandalisé de la découverte de cette situation. Moi, qui rêve peut-être un peu, j'aurais volontiers pensé qu'un honnête citoyen pouvait être informé des violences qui ont lieu chez nous, à l'intérieur de l'hexagone.

                        Des hommes aussi subissent des violences conjugales, mais c'est un mystère. Beaucoup de souffrances cachées. Il y en a plus qu'on pourrait le croire. Une quasi impossibilité d'en parler semble-t-il !

                        Dans ces deux situations, si les victimes, je parle des personnes agressées, étaient respectées, écoutées et reconnues par la société dans leur statut de victime, les souffrances seraient divisées par deux. Par contre, on sourit de quelqu'un qui est violent, et on dit trop souvent d'une personne qui s'est fait agresser, soit qu'elle n'avait pas fait ce qui était à faire, soit qu'elle était consentante ou mieux encore qu'elle l'avait cherché. De telles réflexions ne peuvent pas être celles d'un vrai citoyen.

                        L'homme et la femme sont appelés, à vivre ensemble. La rencontre est possible mais des habitudes, des préjugés et beaucoup de souffrances sont encore là. Des chemins de réconciliation sont possibles à travers des informations, des échanges associatifs ou une formation à la non violence par des professionnels.

                                             Didier président de l'association Vivre Mieux



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Le témoignage de Jo

 

Et Jo me raconta : « La violence, je ne l’ai jamais acceptée. Pourtant j’ai du faire avec. La violence morale fut la pire. Au début, j’ai voulu l’ignorer, faire comme si elle était loin de moi, comme si elle n’existait pas. Mais elle revenait, encore plus harcelante, et plus prégnante que jamais. Je commençais à ne plus savoir si les reproches étaient vrais ou faux. Les humiliations m’atteignaient de plus en plus profondément. Étais je encore moi, ou l’ombre de moi-même ? Finalement je n’étais plus rien du tout.

Fini les coups, fini les violences physiques, pourquoi ? Si au moins, je pouvais en avoir à nouveau, je me sentirais mieux. J’aurais au moins l’impression d’exister. Je pourrais au moins montrer mes bleus et mes bosses, me relever et me tenir droit. A qui je ne sais pas, mais au moins je me sentirais exister. j’aurais   l’impression de posséder encore un corps. Le peu qu’il me reste, est-il  à moi ? Ai je le droit d’exister ? Mais aurais-je le courage de raconter. Non, car ce n’est pas possible.

Comment un homme peut-il raconter qu’une femme l’a battu sans se sentir humilié dans sa masculinité ? Comment une femme peut-elle avouer qu’elle a reçu des coups de celui qu’elle aime encore ? Non ce n’est pas possible, alors ça continu. Comment un enfant pourra-t-il accepter qu’un de ses parents soit violent avec lui alors qu’il l’aime plus que tout et qu’il en a besoin, comme un arbre de ses racines. Comment une mère pourra-t-elle accepter que son enfant soit violent avec elle alors que dans son cœur maternel demeure une grande aspiration de paix et de bonheur ? Non ce n’est pas possible, alors ça continue C’est parce qu’il n’est pas possible de le dire, qu’il est possible que cela continue. Lorsqu’il y a affectivité, il n’y a pas de place pour la neutralité ni l’indifférence. Il ne peut y avoir que Amour ou Haine. Mais entre les deux il n’y a aucun espace de compromission, alors demeure à la fois Amour et Refus de la réalité, un déni cache presque la totalité de l’inacceptable. Un déni qui s ’accompagne d’une grande souffrance, la violence devient souffrance jusqu’à ne plus savoir si la violence existe encore. Même avec la violence, l’amour est encore là, présent, et quelque fois encore plus fort, mais en même temps s’installe avec toutes les phases du deuil, la perte d’un morceau de paradis. Amour et haine se mélangent, l’un étouffant l’autre, mais l’amour demeure inconsciemment présent. Amour réel ou dépendance affective, je ne saurais dire, mais s’incruste une grande souffrance qui détruit tout sauf un besoin d’affection encore plus grand. Au déni, qui est la phase du refus de la réalité succède celle de la dépression avec le sentiment de culpabilité, le manque de confiance en soi, la perte du goût de vivre. Viennent ensuite l’absence de plaisir et l’absence d’intérêt pour quoi que ce soit. C’est un peu comme une mort qui se prépare à petit feu, lentement mais sûrement. Le lien affectif est là, encore plus présent. Non, l’agressé n’est pas maso. Non, le violent n’est pas conscient de l’ampleur de sa violence ni d’un plaisir de faire souffrir. Il y a seulement souffrance, une grande souffrance de part et d’autre. Les deux partis sont autant malheureux l’un que l’autre, et à la fois dépendant et tributaire sans savoir que faire sans briser le lien affectif. Pour eux il est souvent hors de question de briser le lien affectif. La violence quant à elle, c’est presque devenu une habitude. Pour chacun, la souffrance est différente mais réelle et tout autant profonde et destructrice, une souffrance de plus en plus cruelle avec le refus de dénoncer l’autre parce que aimé plus que tout. Aux violences physiques ou morales, s’ajoute la violence cruelle de ne pas pouvoir se rejoindre et comprendre l’être aimé, la souffrance de ne pas pouvoir vivre ensemble. " 

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 Natacha
nous raconte sa vie de femme

 

 

Natacha nous décrit avec force de détails personnels, toutes ses difficultés passées dans sa vie de femme. Elle nous exprime toute ses souffrances cachées.

 

            « Depuis ma petite enfance, j’ai été élevée dans le « non désir » et je me suis rendue compte, il y a seulement quelques années que je ne savais pas ce qu’était le désir et son corollaire le plaisir. Cela paraît incroyable mais c’est la réalité de ma vie. Et je sais à présent que je suis passée pendant des années à coté de moments que j’aurais dû vivre ; où la joie, le plaisir auraient pu être une fête. Et je n’ai rien vu. C’est comme si tout au long de mon enfance comme de ma vie, j’avais été empêchée de voir, parce qu’il fallait occulter cette idée de désir et de plaisir qui à la limite était du coté de ce qui est mal. Alors j’ai été une femme exemplaire, certes, une femme de devoir, j’ai élevé mes 4 enfants, j’ai été une mère, une épouse, mais aujourd’hui, je sais que la femme de désir et de plaisir a été étouffée en moi, alors j’essaye, je m’emploie à la faire renaître car sans désir pas de vie et je ne veux plus marcher sur un chemin de mort.

Je voudrais pour le dire d’une autre façon : «plonger nue dans la mer, sentir la caresse du vent sur ma peau, m’ouvrir à toutes ces sensations que le corps peut ressentir et découvrir une sorte de plénitude intérieure, une extase, un bonheur... » Enfin c’est de la poésie. »



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L'interview de Esther

 

Qu’est ce que c’est que la vie d’une femme après 50 ans ?

« Il y a un changement, il est possible de faire beaucoup de choses, C’est un ensemble de peine vécues, qui est fait de déceptions. D’un certain nombre de réalisations, d’espoir pas réalisés, d’espoir encore futur, encore beaucoup de possibilités qui restent. Et une grande partie derrière nous.

Et moi particulièrement, je le ressens, tout passe comme si le temps s'était écoulé tellement vite que les choses qu’on voulait réaliser, n’ont pas pu être réalisées, comme si le temps qui vient, est très court pour que je ne puisse les réaliser. Alors, cela fait comme une douleur, comme celui qui disait « Si jeunesse savait et vieillesse pouvait. » Tant de projets restés en suspend, dans ma tête parfois, certains simplement amorcés. »

 

Une douleur ?

« Bien sûr une douleur de n’avoir pas pu. Bien sûr qu’il y a beaucoup de choses réalisées également. Curieusement, je ne me sens pas bien comme si, celles qui sont restées étaient les plus importantes. Oui, à 50 ans je n’ai pas la notion du temps dans la tête, mais  je me rends à l’évidence, arrivant à un certain âge, qu’il y a des choses qu’on ne peux plus faire. »

 

Serait ce un frein ?

« Ce n’est pas un frein dans la mesure où il y a encore des tas de choses qu’on peux faire, mais ça peut être ressenti comme une petite douleur quand même, de ne pas être capable de faire ceci ou cela, sentir ses limites. »

 

Une douleur comment ?

« Cela dépend du sujet, elle est parfois très forte. Par exemple, j’aurais bien voulu faire ceci ou cela pour mes enfants, je n’ai pas pu le faire. J’aurais voulu réaliser ceci et je me rends compte que à cet âge là je ne l’ai pas fait. Donc, je sens cela comme un regret, bien que je n’aime pas beaucoup regretter, car il y a un sentiment d’inachevé, de pas accompli. C’est vrai que l’on ne peut pas tout faire. »

 

Tu as fait d’autres choses ?

« Oui, j’ai fait d’autres choses, c’est que je pouvais faire beaucoup. »

 

Était-il possible d’en faire beaucoup plus ?

« Peut-être pas beaucoup plus, mais je pouvais faire d’autres choses ... voilà  (rire) »

 

Est ce qu’il y a des souvenirs qui sont lourds à porter ?

« Oui, il y a des souvenirs qui sont très lourds à porter. Et on se rend bien compte que c’est difficile à porter. On a l’impression à certains moments que je les ai oubliés, puis il arrivent d’une manière soudaine on se sent coupable et je suis comme écrasée par ces souvenirs. De plus en plus, je me libère de ce poids négatif. Je les regarde en face pour trouver une justification que je trouve souvent dans la foi. Bien sûr, les souvenirs se présentent comme un résumé, un feed-back. Il faut donc résoudre l’équation passée, par les matériaux du présent. Après les questions « pourquoi ? », « Comment ? » on tire les conclusions pour le présent et le futur. Il faut penser les éléments dans son être profond, où tout est amour. »

 

A partir de ces souvenirs, est-il possible de construire les choses différemment ?

« C’est possible. Mais je n’arrive pas comme je l’aurais souhaité, mais je fais des pas. Il y a des éléments qui ne dépendent pas de moi et qui rentrent dans la construction de ma vie. »

 

C’est important de faire des pas ?

« Oui, des petits pas. Au moins on avance comme le monde. C’est un perpétuel mouvement. Il faut s’y intégrer. Il y a la roue. Il ne faut pas être éjecté du parcours. »

 

Et le mal vécu ?

« Comme je le disais dit tout à l’heure, on a l’impression qu’il passe mais il y a des limites. Quelques douleurs  ...   Il revient parfois comme une vague et vous envahit. C’est un reproche à moi-même et un reproche aux autres. A moi-même surtout. C’est un reproche de ne pas avoir réagi à temps. Il y a eu des choses à faire et je n’ai pas osé les faire. »

 

Une souffrance ?

« J’ai l’impression que les autres ont tendance à abuser de la confiance que je leur donne. Moi je tiens compte d’eux. Eux, ils pensent qu’ils ont le droit de faire n’importe quoi. Mais tout est soumis au temps. Ils ne tiennent pas compte des blessures qu’ils peuvent provoquer. La profondeur même des blessures, ils se croient en territoire conquis, ce n’est pas le cas. En fait, je tiens compte de leur faiblesse avant de réagir. J’utilise tous les moyens à ma disposition avant de réagir. Peut-être la pitié de la personne qui souffre, mais l’acte est là, l’acte est posé. L’acte fait mal. Même si par la suite  on se ressource, on rentre en soi-même pour le nettoyage intérieur. »

 

Il y a des blessures qui restent ?

« Certaines blessures restent. Quand on parle de cicatrice, ce sont les marques des blessures. Après c’est difficile d’avoir confiance en quelqu’un. Car pour être blessé, il faut que le tort provienne de quelqu’un en qui on a confiance. C’est peut être pour çà que  ...  Il faudrait gommer cela si c’est réalisable. En fait, il faut pardonner. »

 

L’idéal de ta jeunesse est ce qu’il est présent ou bien est ce qu’il a changé ?

« Il est présent quelque part. Il doit être l’objet d’attention pour y accéder. On l’a peut-être réorienté mais il demeure quelque part. Il ne faut pas s’en séparer. Des fois la vie demande qu’on s’en sépare. On vous met devant un dilemme cornélien. On ne peut pas s’en séparer sinon la vie ne peut continuer. Parfois on fait des petites corrections et on fait du contre plaqué pour un jour reconstruire. Parfois on a d’autres idées qui nous viennent à l’esprit. Mais on se rend compte que la réalité est tout autre. Ou alors il faut un courage, un vrai courage pour l’affronter. Pour l’affronter il faut un soutien, une main tendue ou une écoute, un port une grève. »

 

Aujourd'hui, est-ce qu'il reste une petite étincelle d'idéal ?

« Il a été un frein, maintenant il faut le réorienter. J’espère que j’arriverai. »

 

Pour le présent et le futur immédiat ?

« Normalement on arrête de faire, d’apprendre à faire  ...  puis on cesse de  .... Tu sais, normalement on apprend à faire la quote-part avec les autres. Je me donne une ligne de conduite, j’aimerais m’en tenir à cette ligne. Au fond de mon idéal je voudrais échapper au poids de mon environnement. »

 

L’environnement est un poids ?

« C’est un « poids » pour mon idéal, également un poids pour mon bien vivre sauf si on se décide de vivre en tenant compte d’abord de soi et ensuite des autres. Je voudrais m’échapper de mon environnement, vivre d’abord en tenant compte de moi, puis des autres. »

 

Et la vie de femme dans sa féminité ?

« Oui, pourquoi pas.  (silence)  oui, je pense. Je dirais même que c’est mieux, la vie de femme n’est pas touchée par l’âge en tant que tel. Toutes les possibilités sont là sauf celle de l’enfantement, qui est d’ailleurs loin de moi. C’est mieux quelque part. »

 

Serait-il possible de mieux vivre ?.

« Oui, on  peux mieux vivre. Il est même possible de mieux vivre après 50 ans qu’avant, avec l’expérience de la vie ...  et certaines corvées qui sont finies. Du coté sentimental, jalouse, je l’étais et la vie m’a appris à ne plus l’être, à comprendre. Donc la jalousie étant un élément qui fait souffrir, si on s’en défait, on vit nettement mieux. C’est une souffrance que je n’ai plus. »

 

Y aurait-il encore plus de place pour l'amour qu'avant ?

« Même pour l’amour, on a une autre vision de l’amour que quand on était jeune. Quand j’étais jeune, c’était l’amour possessif, maintenant c’est différent. Je me sens mieux avec un amour qui donne le choix, avec cette différence que quand j’aimais un homme il était à moi, à moi, à moi. Et là c’était un frein à mon épanouissement, car nous avons eu des problèmes parfois horribles, des hospitalisations. Dans mon énervement je pouvais dire des mots, faire mal, m’épuiser pour rien. Cela ne changeait rien chez l’autre. Ou alors je me serais fâché, maintenant je peux mettre cela dans les banalités, dans des choses auxquelles nous accordons peu d’importance. » 

 

La vie s’annonce alors avec un sourire ?

« En principe oui, en principe parce qu’il y a d’autres difficultés. »

 

Une dernière question, quel projet pour demain ?

« Je me dis, un, mon travail pour pouvoir satisfaire mes besoins, et en deuxième lieu, je voudrais penser peut-être vivre avec quelqu’un qui respecte ou aime comme moi la paix, qui prends plaisir dans tout ce que la nature a mis à notre disposition, qui puisse s’émerveiller encore du chant et de la beauté d’un oiseau, la beauté et l’harmonie d’un arbre, le soleil couchant, qui puisse aimer dans le sens large du terme, un peu comme moi. »

 


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Observations
Ce que sont devenus Jo, Natacha et Esther

  

Nous ne sommes plus dans la situation d’une société vivant le partage, mais la solitude et l’individualisme Aujourd’hui, la culture est avant tout celle du savoir et c’est pourquoi chaque personne en difficulté a souvent plus le réflexe de vouloir savoir comment faire, alors que dans les siècles précédents, la démarche naturelle aurait été, sans se poser de questions, aller se confier auprès d’un proche. Aujourd’hui, un tel échange est rarement possible pour plusieurs raisons : communication difficile, manque d’écoute, jugement, manque de temps et individualisme (chacun ses difficultés). En plus, on se croit vraiment seul à vivre de telles difficultés. De ce fait tout est dramatisé.
            Il est souvent nécessaire que s'établisse un échange des situations vécues pour libérer l'être de la pression de la culpabilité et de la fameuse question:"Pourquoi moi?". De nombreuses associations ont leur place à ce sujet. Les professionnels, pour aller encore plus loin, lorsque cela est nécessaire.

 

 Lorsque la personne se trouve dans une situation difficile à vivre, par une éducation et une tradition restrictive, comme Natacha, ou pour ne pas avoir su, ou ne pas avoir pu réagir à temps,  comme Jo et Esther, et ces derniers sont nombreux, le point de départ d'une nouvelle vie sera souvent extérieur. Savoir quoi faire dans ces moments là demande un minimum d’information sur ce qu’il est possible de vivre, possible d’accepter, possible de refuser. Aujourd’hui, n’existent plus les confidences avec un ami. Pourtant, il faudra bien allez chercher ailleurs, pour faire face à ces situations.

Le déclic du choix d’une nouvelle vie, la décision d’en prendre les moyens demeurent bien évidemment ceux de la personne concernée. Mais, lorsque chacun demeure seul dans son cocon de souffrances, comment peut-il être possible de savoir ce qui peut se vivre, comment savoir ce qu’il est possible de vivre ?. Pour Natacha, le désir et le plaisir existent-ils ? est-ce autorisé ? sera ce possible pour moi ? Y ai je droit ?  Pour Jo, la violence est elle acceptable ? faut-il la refuser ? Que faire pour sortir d’une telle impasse ? Sortir d’une telle situation n’est pas tout. Viennent ensuite la culpabilité d’avoir quitté une situation, et celle de se sentir coupable d’être heureux. C’est alors que peuvent s’installer de nouvelles somatisations.

 

Pour Jo qui trouvera plus tard, 5 ans après avoir quitté son ex, la possibilité de construire une nouvelle vie avec une amie, ce sera pour lui le bonheur inespéré. Il me dira « J’avais toujours rêvé à une vie comme celle-là, mais je ne pouvais pas savoir que cela existait. » et d’ajouter : « il y a même des jours où je me demande si c’est vrai ou bien si je vis dans un rêve ! »

Et il ajouta: "Tu ne me croiras pas, mais il m'est arrivé de me pincer la joue pour être sûr que je n'étais pas dans un rêve."

Les jours ont passés.

Mais son bonheur ne durera pas longtemps, au bout de cinq semaines de vie commune avec son amie, il fera un très grave lumbago avec des complications abdominales qui le conduiront sur la table d’opération. Il sera hospitalisé à deux reprises pendant 5 semaines.

De nouvelles séances avec un psy lui permettront d’évacuer cette culpabilité destructrice. La culpabilité d'être heureux. "Je ne m'autorisais pas le droit d'être heureux", m'a t-il dit récemment. Je n'en étais pas conscient, mais la culpabilité était là jusqu'à me détruire. Après diverses péripéties il a enfin aujourd’hui réussi à retrouver le calme et le bonheur d’une vie en paix avec une nouvelle amie. Son visage est devenu souriant, sa figure s’est arrondi et il est bien dans sa peau.

 

Pour Natacha, après diverses périodes de réflexion seule et avec d’autres, après une analyse auprès d’un professionnel, elle a aujourd’hui réussi à trouver un terrain de discussion avec son mari pour commencer un premier échange sur la communication difficile et la tendresse manquante dans le couple. Elle ne pense  plus partir pour vivre, bien au contraire, elle est « satisfaite d’envisager une vie harmonieuse avec le père de ses enfants », selon ses propos.

 

Pour Esther, sa recherche continue. Ses espoirs de trouver un travail et celui de rencontrer l’âme sœur demeurent très présents. Aujourd’hui elle est très confiante en l’avenir même si elle n’en voit pas se dessiner les prémices.

Au contraire de Jo, pour qui les violences demeurent encore très présentes dans sa mémoire, Esther semble avoir oublié ce passé difficile avec les « hospitalisations dont elle parle. ».

 

Avant que tout ne bascule dans le mauvais sens, une information minimum est nécessaire. Aujourd’hui, cette information ne sera bien évidemment qu’extérieure, par un professionnel - médecin généraliste ou psy -, par un tiers, par une association, par un média, par une revue ou un livre. Cette information sera ce que j’appelle de la prévention primaire, celle qui permet de choisir un mieux vivre avant que ce ne soit trop tard.

Le choix de mieux vivre sera aussi, dans un deuxième temps celui de suivre une psychothérapie suffisamment tôt pour mieux arriver à métaboliser la situation difficile, puis de continuer ce soutien psychologique jusqu’au début de la nouvelle vie.

            La prévention sera donc aussi bien continuer les soins pour éviter les rechutes, que prévenir les difficultés d’une nouvelle vie avec les éventuelles influences d’un passé quelque fois encore sous-jacent.

   

            En conclusion de ce chapitre, la première des préventions, celle qui est la plus facile, commence par se soigner à temps pour éviter les complications. La vraie prévention, celle qui se fait avant, aussi appelée prévention primaire, pourrait être une information de tout ce qui favorise un mieux vivre avec soi-même et avec les autres. 

 


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 Cette violence, je l'ai vue à la télévision

UNE DATE QUE JE NE POURRAI PAS OUBLIER

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Cet anniversaire du 11 septembre 2001 ne peut me laisser indifférent.
(deux avions percutent les tours jumelles à New York, une attaque au symbole de la puissance et une catastrophe sans précédent.)

Sur la plan politique, je crois que rien ne pourra être comme avant. Finie la super puissance[1], forte et bien protégée derrière l’Atlantique, bien loin des autres. C’était eux, cela aurait pu être nous. Les relations internationales font un pas en avant, mais un pas que j’aurais bien voulu voir autrement. Une seule chose est encore plus vraie qu’avant, c’est que personne ne peut survivre dans une petite partie du globe sans que les autres ne soient concernés.

Mais pourquoi donc, tant d’acharnement et tant de détermination pour une telle atrocité ? Il est vraisemblable qu’il doit y avoir une grande souffrance et une grande détresse insurmontable pour en arriver là ! Mais ce sont des fanatiques m’a-t-on répondu. Alors, je repense à notre histoire de France. L’exemple de la Saint Barthélemy avec 3.000 victimes à Paris, représenterait pour notre population d’aujourd’hui 12.000 personnes[2]. C’était notre histoire de l’intolérance, et aujourd’hui c’est la leur. Chacun fait sa crise mais pas forcément en même temps.

 

Concernant la violence des hommes sur un plan général, une des constatations majeures de Freud, est d’y reconnaître une tendance innée. Ce comportement des hommes est le fait que « l’agressivité constitue une disposition instinctive primitive et autonome de l’être humain »[3] nous dit-il. Cette violence qui est en chacun de nous, serait tempérée par le processus de civilisation qui tend à « réunir des individus isolés ». « Dans le développement de l’humanité, comme dans celui de l’individu, c’est l’amour qui s’est révélé le principal, sinon le seul facteur de la civilisation, en déterminant le passage de l’égoïsme à l’altruisme »[4]. Le rassemblement des hommes autour d’une même cause altruiste, comme celle du processus de civilisation, serait « caractérisée avant tout et essentiellement par l’établissement de nouveaux liens affectifs entre les membres de cette formation »[5]. La construction de la paix n’est pas facile car « l’hostilité d’un seul contre tous et de tous contre un seul s’opposent à ce programme de civilisation »[6].

 

Pour synthétiser la pensée de Freud sur ce sujet : la violence, cette force de destruction qui conduit à la mort, est tempérée et freinée par « l’Eros », « l’instinct de vie », c’est à dire : le plaisir de vivre, l’amour et l’amitié. Le processus de civilisation serait donc « le combat de l’espèce humaine pour la vie »[7]. Une lutte de tous les instants. Une lutte pacifique puisque « rien de ce qui est établi par la violence et maintenu par la contrainte ne peut durer »[8].

 

 

Pour cet anniversaire, si je veux moins de violence et plus de paix, je ne peux donc que tisser plus d’amitié et plus d’amour autour de moi, et souhaiter moins d’incompréhension entre les peuples de notre bonne vieille terre, que j’aime.

 

                                                   Didier   
                                                              
 Président de l’association Vivre-mieux


[1] La superpuissance n’existe pas : En 1986 un pilote ouest-allemand Mathias Rust à posé incognito, son petit avion sur la Place Rouge à Moscou.(une atteinte à la fierté et au symbole de la nation)

[2] En France sous Louis XIV il y avait 20 millions d’habitants

[3] Sigmund Freud. Extraits de son livre « Le malaise des civilisations » p.77

[4] Sigmund Freud. Extraits de son livre « Essais de Psychanalyse » p.123

[5] Sigmund Freud. Extraits de son livre « Essais de Psychanalyse » p.124

[6] Sigmund Freud. Extraits de son livre « Le malaise des civilisations » pp.77-78  

[7] Sigmund Freud. Extraits de son livre « Le malaise des civilisations » p.78

[8] Léon BLUM Président du Conseil en 1936, 1938 et 1946, cité récemment par Mme la préfète Bernadette Malgorn, à l’occasion de l’anniversaire des 58 ans de la libération de Rennes du 4 août 1944 . (Ouest France du 05/08/02) 

N.B  Au lendemain de cet après guerre en Irak, obligation nous est faite de constater, ce que savait tout le monde, que la démocratie ne s'installe pas par la force, mais se construit dans un long et patient consensus de chaque personne concernée. Encore une fois, la force ne construit ni ne répare rien. (note complémentaire en date du  28 Août 2003)


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Journée internationale de la femme

Les violences conjugales

Apprendre à refuser la violence

 

A Rennes, samedi après midi 6 Mars 2004, se tenait une réunion d’information sur le thème « La place de la femme dans la société d’aujourd’hui ». Conférence animée par le président de l'association, auteur du livre "Amitié reçue", d'un "Recueil de poésies" et du mémoire "Prévention par un mieux vivre".  Les échanges ont été très intéressant entre l’animateur et les participants. Le thème du harcèlement moral, aussi bien en milieu privé qu’en milieu professionnel a été l’objet de nombreuses questions posées par les participants. Une femme sur dix est concernée par des violences en milieu privé au cours de sa vie. Cela peut être une période plus ou moins longue, mais toujours difficile à clore. C’est ainsi que pour la seule ville de Rennes, la police intervient 3 ou 4 fois chaque nuit pour des différents conjugaux. De toutes ces violences, ce sont les femmes qui sont les victimes privilégiées. Bien triste privilège, alors que nous sommes appelés à vivre ensemble.

 

- Concernant l’agresseur, la violence est bien souvent l’expression brutale d’une souffrance plus ou moins enfouie, mais surtout mal acceptée, et pas du tout contrôlée. Pour éviter d’être à nouveau violent, la seule porte de sortie est d’accepter de se soigner. Il y a des professionnels pour cela. C’est possible.

            - Concernant la victime, dans le cas des violences conjugales, elle est la personne qui dérange ou bien tout simplement le bouc émissaire pour évacuer ses difficultés intérieures. Dans le cas de violences sur le milieu du travail, appelées harcèlement, la victime est choisie par son agresseur, c’est toujours quelqu’un qui fait bien sont travail, elle dérange, alors il faut l’éliminer.

- Concernant, tout un, chacun, il est bon de savoir que la violence envahit notre société à tous les niveaux. Le mot le plus banal peut devenir une insulte et relever du plus grand mépris pour la personne « Elle est bonne »  « Avec lui on n’arrivera jamais à rien ». Les femmes bien plus que les hommes, font l’objet de violences verbales inacceptables. Elles sont très souvent traînées dans la boue du mépris sexuel. Des expressions comme « demeurée », « grosse », sont des violences inacceptables. Crier des noms d’oiseaux, humilier, injurier, dévaloriser, intimider, menacer, être dans une jalousie excessive, effectuer un chantage, contrôler l’argent à un euro près, surveiller le téléphone,  espionner,  sont des violences qu’il faut savoir refuser. Même s’il y a des périodes de rémissions, il est bien rare qu’un homme violent puisse se calmer définitivement sans soigner psychologiquement les souffrances de son passé.  Tout le monde a eu des souffrances, mais le choix délibéré de se laisser aller et le fait de refuser de se contrôler est condamnable. Aucune raison, aucune motivation ne peut justifier la violence. La violence est punie par la loi.

 

La société est violente c’est vrai, et si elle ne facilite pas les choses, elle n’oblige personne à être violent. C’est bien de sa propre initiative, et de sa propre volonté que l’agresseur est violent. Aucune responsabilité ne peut être reportée sur une autre personne, et encore moins sur sa victime. L’agresseur est quelqu’un qui n’est pas bien dans sa peau. Il n’a pas confiance en lui. Il a souvent des difficultés affectives, la peur de perdre l’autre, le besoin de l’utiliser. Les difficultés du langage sont réelles, et si ces dernières ne facilitent pas les échanges, elles ne sont pas la cause principale de la violence.

 

Chacun peut apprendre à s’exprimer dans un langage non-violent parce que cela facilite la communication. Pour la personne agressée, cela peut éviter l’escalade verbale. Pour l’agresseur cela peut lui permettre de ne pas tomber dans la faiblesse de la violence. La force appartient à celui qui reste calme, la faiblesse appartient à celui qui est violent dans ses paroles ou dans ses actes.

Apprendre à résister à la violence, c’est d’abord reconnaître ce qui est violent, décider de le refuser, puis tenter de s’exprimer sans accuser l’autre : « Je ne comprends pas ce que tu me dis » « Je suis triste de t’entendre ainsi » « Je n’entends rien de tout cela ? » « Je me sens agressé ! » « Je suis inquiet, il y a longtemps que je t’attendais. »

Bien comprendre que pour résister à la violence il est nécessaire de ne pas tomber dans le piège de la violence, préférer autant que possible de rester calme, de parler avec son cœur en commençant une phrase par « Je ». Répondre à une agression verbale par un « Tu », c’est accusateur et souvent générateur d’un regain de violence.

 


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La violence n’est pas une fatalité.

Les violences conjugales

Mais une communication manquée

     


1- la situation actuelle

C’est bientôt la rentrée, et il ne m’est pas possible d’oublier ce qui s’est passé cet été 2003. Marie Trintignant est décédée pour rien, comme beaucoup d’autres femmes dont le drame tout aussi humiliant, que malheureusement trop courant, passe inaperçu, parce que inconnu du grand public. Et toutes les semaines, deux femmes meurent ainsi. C’est aussi et d’abord, pour elles toutes, que je veux remémorer le drame de Marie Trintignant.

Non, je refuse et n’accepte pas qu’un homme responsable[1] puisse parler de « fatalité » dans un « acte de violence » ayant conduit à la mort d’une personne.[2] ? Je pense plutôt qu’il faudrait parler d’un « manque de culture » à bien vivre ensemble. On ne parle souvent, et c’est le cas ici, que de la violence finale, celle qui dépasse les limites. Mais en fait, cette dernière ne s’exprime rarement sans un précédent. Pour en venir à l’origine, c’est bien souvent le résultat d’un manque de communication, il n’a pas été possible de s’exprimer, chacun se croit incompris ou agressé. Finalement, je dirais volontiers que la violence c’est avant tout le résultat d’un manque de communication. Il y en a un qui n’écoute pas l’autre et ne le respecte pas, ou bien il y en a deux. Alors, c’est l’escalade dans les mots et dans les gestes, une violence entraînant une autre violence, mais aucun n’ayant l’impression d’en avoir fait plus que l’autre. C’est l’échec du dialogue possible.

Et si la violence d’aujourd’hui devait être, aux dire de certains, une fatalité, à quoi cela servirait-il de vouloir la combattre sur la route, dans nos villes, dans les entreprises et dans les familles. Il y a les bosses, les blessures et les fractures. Les traces sont parfois marquées pour la vie. Est-il possible de vouloir me faire croire que la violence est incontournable ? je pense qu’il suffirait de laisser parler les victimes, pour comprendre que la violence n’est pas acceptable.

Parler de fatalité ce serait aussi donner une excuse à tous ceux qui sont violents, génèrent du harcèlement, fabriquent des dépressifs, engorgent nos services de soins et par le fait même, ponctionnent la Sécurité sociale. Les conséquences de ces violences conduisent à la rupture du lien social dans des situations invraisemblables, et parfois même à la mort[3].

Bien au contraire, le respect et la fraternité républicaine seraient susceptibles de construire pour chacun de nous un monde meilleur. Bien plus que simplement en parler je souhaiterais que des actions de prévention soient mises en place ? La violence est évitable et c’est possible.

 Juger et emprisonner l’agresseur, ne réparera malheureusement rien, mais aujourd’hui, nous ne savons pas faire mieux. Ce sera une dissuasion pour les autres qui seraient susceptibles d’en faire autant, ce sera l’impression d’une justice pour les amis, et surtout le respect et la reconnaissance de la victime dans son statut de personne agressée. Cela s’appelle de la répression, mais ne donne à chacun quel qu’il soit, aucun outil, aucun moyen pour éviter que cela recommence. Même si avec le conditionnement subi dans le rythme de vie actuel, cela peut malheureusement arriver à quelques-uns d’entre nous, dans un débordement, parce que mal préparé à se maîtriser, cette situation est inacceptable et intolérable. Tout doit être fait et mis en place pour l’éviter

 La femme est reconnue et respectée en public, et il faut le dire vite, mais dans le milieu professionnel ce n’est pas le cas du tout (une femme sur cinq subit des violences). Dans la sphère privée, qui devrait être un petit nid d’amour et de tendresse, une femme sur dix subit des violences au cours de sa vie.

L’homme, on n’en parle pas. Il ne sait que se taire, et il se terre dans le silence. Il se réfugie dans une solitude pesante, incompréhensible, et aussi quelquefois dans l’alcool. Il y a aussi des hommes victimes de violences féminines, mais si leur nombre est moindre, sans toutefois en connaître exactement l’ampleur, les atteintes sont souvent plus profondes. L’homme est plus fragile dans la solitude et la femme plus habile à manœuvrer sa proie. Ces drames sont cachés et bien dissimulés. L’homme est atteint dans l’image de la masculinité que la société lui a imposée. Il lui est bien difficile d’en parler.

 Le conflit, dans le sens d’une divergence des points de vue est normal puisque chacun est différent, et c’est même constructif. Les sentiments et les désirs peuvent donc être contraire. C'est la richesse de la diversité. Apparemment deux solutions sont possibles : trouver un terrain d’entente correspondant à un désir commun, accepter un compromis. C’est possible s’il y a un minimum d’écoute et de respect de l’autre, une démarche partagée et engagée par chacun, des concessions qui ne peuvent être que réciproques dans le temps et non à sens unique.

 La dispute, dans le sens de paroles violentes, reproches et règlements de compte ne construit rien. La violence verbale risque parfois de déboucher sur une violence physique. Dans tous les cas elle est toxique pour la vie ensemble car elle laisse des souvenirs et quelquefois des rancœurs, des désirs de vengeance, des peurs ou tout simplement un repli sur soi.

Lorsqu’il y a humiliation de l’autre la confiance et les liens affectifs sont altérés. Le harcèlement moral va encore plus loin dans la destruction de la personne agressée. C’est bien pire que les seules violences physiques.

 

2- La situation possible

La violence ne serait plus cette endémie envahissante si chaque personne violentée pouvait être reconnue comme une victime, entendue et accueillie par son entourage. Oui, comment peut-il être encore possible d’entendre dire : « ceux qui reçoivent des violences, c’est qu’ils le veulent bien » ? Les choses ne sont pas si simples lorsqu’il y a des sentiments et des souffrances qui s’expriment. Entre l’amour et la haine, la frontière n’est pas facile à discerner lorsqu’il n’y a pas le filtre du respect. Il y a les agresseurs, il y a les victimes, et chacun dans ses propres difficultés. Chacun peut aussi être à la fois agresseur et victime. La prévention ce serait entreprendre des actions avant que tout cela ne commence.

Si l’amour c’est une attirance pour quelqu’un. la haine c’est d’abord une grande souffrance qui s’exprime. Cette souffrance peut être encore plus importante lorsque que le lien affectif est profond. C’est alors que l’amour et la haine peuvent se vivre simultanément. Alors, peut-il être possible de sortir facilement de ce labyrinthe ?

 Le flot d’images violentes, s’accompagnant d’une absence d’éducation au respect et à l’écoute de l’autre, fait que la communication est de plus en plus difficile aujourd’hui. La tendance est bien évidemment de modéliser sur ce que l’on a vu. C’est inconscient mais c’est réel.

 L’apprentissage de la non-violence est une idée relativement récente, chez nous. Savoir reconnaître ce qui est violence et ce qui ne l’est pas, savoir ce qu’il est possible de vivre et savoir ce qui est inacceptable, me permettrait déjà de mieux me protéger de cette gangrène de la société actuelle que sont le manque de respect et la violence tous azimut. Violence dans les actes, violence dans les paroles, violence dans le regard, violence dans le silence et l’indifférence.

 Il ne suffira pas de s’émouvoir, ni de le faire savoir, mais bien plus encore d’en prendre les moyens dans l’éducation au respect de soi et au respect de l’autre. La violence ne se limite pas aux gestes, elle commence dans le manque de respect, et en particulier dans le langage : non écoute de l’autre, paroles déplacées, insultes et humiliation. De nombreuses enquêtes ont été effectuées, les tableaux de chiffres sont là, tous aussi catastrophiques qu’époustouflants. Il est souvent bien plus facile de faire de nouvelles études du problème de la violence, que de décider et trouver les moyens d’une réelle prévention. Avant que ne commence les violences. Les débuts d’une prévention possible sont l’éducation au respect et la connaissance de soi.

 Les réalisations de quelques associations, les activités d’organismes public de recherche sont réelles et significatives, mais insuffisantes dans leur importance, tant qu’une réelle volonté ne s’exprimera pas au sein de chacun de nous.

Des décisions ont pourtant été prises, la circulaire 98-237 comporte déjà les orientations fondamentales de cette réelle prévention : « le développement d’attitudes, telles que l’estime de soi, le respect des autres, la solidarité, l’autonomie, la responsabilité. »

Le respect de l’autre commence par le respect de soi. C’est vrai. L’amour des autres commence par l’estime de soi. L’apprentissage à mieux vivre ensemble commence par une meilleure connaissance de ses sentiments et de ses émotions. Apprendre à se connaître, apprendre à s’accepter et se maîtriser. Canaliser plus que rejeter les goûts et les aspirations. Il y a des réunions d’information, il y a des stages, il y a aussi des livres et des revues pour les adultes. Ce devrait aussi, être au programme de nos jeunes, pour leur donner les moyens de mieux vivre leur vie. La prévention est à mettre en place avant que ne commence la violence, avant que se mettent en place les effets que l’on veut éviter.



1 Monsieur le Ministre de la Culture.

2 Ouest France du 10 Août 2003

3 Chaque semaine, deux femmes décèdent de violences conjugales.


20% des familles sont monoparentales

une personne sur trois vit la solitude physique. ( seule entre 4 murs) source INSEE.
une personne sur 6 vit la solitude affective. ( être accompagné et se sentir seul )
Donc au total: une personne sur deux souffre de solitude. ( 50 % )
Le constat est d'autant plus alarmant, que nous sommes actuellement sur le sommet d'une courbe qui monte régulièrement depuis 30 ans. Les perspectives sont donc très inquiétantes: serait ce un autre clignotant de la mort annoncée de notre civilisation ? 





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solitude de la vieillesse
(au cours de l'été 2003)

Violence de l'oubli

A la veille du prochain salon « Mieux Vivre Grand Ouest » à Rennes au parc expo près de l’aéroport, le 2 et 3 octobre 2003, sur les thèmes « handicap, dépendance et maintien à domicile », je souhaiterais évoquer un handicap parmi d’autres, celui de la vieillesse.

Bien plus que vouloir médicaliser, toute difficulté à bien vivre, est-il nécessaire, avec toutes les informations diffusées dans les médias, d’avoir une formation professionnelle pour accompagner une personne âgée et s’assurer qu’elle boit et qu’elle se nourrit lorsque les conditions de vie sont plus difficiles qu’à l’ordinaire ?

Nous parlons beaucoup de la durée de vie, ce chiffre qui se compte en années. Mais la qualité de vie c’est bien autre chose, elle concerne chacun de nous, dans notre famille, avec nos amis et nos voisins. Certes il est plus facile d’appeler une ambulance lorsqu’une personne est déshydratée que de donner chaque jour un peu de son temps, un sourire, un geste, une attention pour que l’envie de vivre et le désir de se nourrir soit maintenus. Pour ma part je penserai volontiers, que bien plus que la chaleur qui n’a été qu’un révélateur de notre indifférence, nos aînés sont, pour beaucoup d’entre eux, partis dans un manque d’attention à leur égard. Je ne voudrais accuser personne, parce que chacun a du faire ce qui lui semblait possible et nécessaire, mais l’idée actuelle d’une seule assistance médicale pour prolonger la vie, est complètement dépassée. La qualité de la vie est bien plus simple que cela, elle est dans le lien social, l’accueil, l’attention. Mes ancêtres révolutionnaires se sont battus et beaucoup sont morts pour que soient institués des droits : liberté, égalité et fraternité. Faudra t-il à nouveau des morts, encore des morts, pour que la fraternité soit prise en compte, acceptée, reconnue et vécue par chacun de nous avec ses proches. Parlons en, faisons le savoir. Chacun peut être acteur d’un renouveau social.

Bien plus qu’une simple enveloppe budgétaire, je souhaiterais un nouveau consensus, ou une loi comme en Suède pour que nos aînés soient respectés, considérés, aimés. Il me serait agréable de rêver qu’ils puissent être tous accompagnés avec dignité afin que leur fin de vie soit le plus agréable possible.

Nous arrivera t-il donc, au pays des droits de l’homme, de faire l’impasse sur la défense et la protection des plus faibles que sont en particulier nos personnes âgées ?



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 Numéros de téléphone 
France Belgique Grèce

 

SOS Viols
France
0.800.05.95.95
Numéro gratuit et anonyme.
Adresse : 9, villa d'Este 75013 Paris
Tél. 01.45.82.73.00 
Site : http://www.cfcv.asso.fr/


SOS Femme Violence Conjugale

France

39.19
Tarif : gratuit
Victime de violences psychologiques, morales, sexuelles ou physiques au sein de votre couple, vous ne savez à qui en parler, à qui vous adresser. Ou vous avez tout simplement besoin d'en parler … Des écoutantes qualifiées respecteront votre anonymat et pourront vous indiquer les associations, les services, les professionnels qui vous aideront dans vos démarches.
Fédération Nationale Solidarité Femmes.
Site : ttp://www.solidaritefemmes.asso.fr/


08 VICTIMES
France
08.842.846.37
Toute victime notamment de cambriolage, d'un vol à l'arraché mais aussi d'agression sexuelle peut appeler. Une équipe de 10 personnes est en charge d'écouter et d'assister les victimes. Le numéro national est ouvert pour le prix d'un appel local tous les jours de 9h à 21h, 365 jours par an. Le réseau INAVEM, qui a été chargé par le ministère de la Justice de mettre en place le service d'appel, regroupe depuis 1986 les services gratuits d'aide aux victimes et coordonne près de 150 associations. Vous pouvez retrouver toutes les associations d’aide aux victimes en proximité <http://www.inavem.org/> vous permettant de trouver une association du réseau INAVEM proche de chez vous.

SOS Amitiés
France



SOS Violences Familiales
France
01.44.73.01.27
Association spécialisée dans l'accueil et l'écoute des hommes violents (Paris).
Autres adresses en région ici
.
Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail
France
01.45.84.24.24
B.P. 60108 - 75561 Paris cedex 12
Fax 01.45.83.43.93
Email : contact@avft.org
Site : http://www.avft.org/
L'AVFT est une association féministe autonome qui défend les droits au travail et à l'intégrité de la personne. Elle a pour champ d'action et de réflexion toutes les formes de violences contre les femmes, bien qu'elle se soit spécialisée dans la dénonciation des violences sexistes et sexuelles au travail.
Ainsi, l'AVFT, dont l'intervention est gratuite, offre une permanence d'écoute, d'accueil, de soutien moral, et de conseils, notamment juridiques, eux personnes victimes de violences sexuelles, sexistes et de discriminations au travail. Elle intervient à leurs côtés (notamment auprès des employeurs, de l'inspection de travail, du parquet, de la police ou de la gendarmerie) pour qu'elles soient rétablies dans leurs droits.


Association "Non aux mariages et aux paternités de papier"
France
04.93.34.72.89
06.19.05.79.74
BP 172 – 06603 ANTIBES CEDEX
Tél/Fax: 04 93 34 72 89
Email :
stopmariagesetpaternitespapiers@yahoo.fr
L'association se donne pour missions de :
* venir en aide aux femmes et également aux hommes, instrumentalisés et piégés dans des mariages frauduleux et délictueux, avec des conjoints étrangers.
* venir en aide à toutes les mères françaises (ou pères), de toute origine, ayant donné naissance à un enfant né en France, de père étranger (ou mère) quand l’enfant n’a été voulu par le père étranger (ou mère) que pour régulariser sa situation personnelle et éviter l’expulsion du territoire. * l’association fournit une aide d'ordre psychologique, administratif et juridique.


Contraception...
France
0.820.331.334
Contraception, IVG, MST, sexualité...

Urgences psychiatriques
France
01.45.65.30.00
Urgences psychiatriques sur Paris

SOS Médecins
France
01.43.37.77.77
 
Réseau Gynepsy
France
01.43.28.16.91
ou jean-michel.louka@orange.fr. Un réseau de psychanalystes pour accueillir la question du féminin, écouter et parler. 
Site : 
http://www.gynepsy.sitew.com/


Collectif Solidarité aux Mères d'Enfants Enlevés
France
01.45.34.49.10
Association d'entraide aux mères dont les enfants vivent à l'étranger avec leur père (ou autre situation liée à une séparation extra-territoriale).
Adresse : 9 rue des Chaillots, 92190 Meudon

Urgence
France
112
Secours depuis un portable (GSM)


Hébergement d'urgence
France
115
Anonyme et gratuit. Permet de savoir où être hébergé en cas d'urgence.


Enfance Maltraitée
France

119
0.800.05.41.41
Anonyme et gratuit. Site :http://www.allo119.gouv.fr


SOS Familles en Péril
France
01.42.46.66.77
  
 
Fil Santé Jeunes
France
32 24
gratuit et anonyme
http://www.filsantejeunes.com/

Drogues Alcool Tabac Info Service
France
113
Anonyme et gratuit
Drogue, alcool, Tabac




Sida Info Service
France
0.800.840.800
Anonyme et gratuit.

Union Nationale Prévention du Suicide (UNPS)
France

01.40.20.43.34

 
Suicide Ecoute
France
01.45.39.40.00
  
SOS Suicide
France
01.48.78.00.78
 
Allô Service Public
France
39.39
Ce numéro de téléphone permet d'obtenir "en moins de trois minutes une réponse ou une orientation à toute demande de renseignement administratif". Ce service est accessible à tous les usagers du service public, de 8h à 19h en semaine et de 9h à 14h le samedi, pour un coût de 0,12 € par minute à partir d’un téléphone fixe. C'est l'équivalent téléphonique dehttp://service-public.fr/


Ecoute cancer
France
0810.810.821
 
SOS Help
France
01.47.23.80.80
Urgences en Anglais

SOS VIOL
Belgique
02 / 534.36.36
Rue Blanche 29 - 1060 Bruxelles

Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales
Belgique
02 / 539.27.44
Rue Blanche 29 - 1060 Bruxelles

Victime de harcèlement sexuel
Belgique
107
 
ECOUTE ENFANTS
Belgique
103
 
Counselling Center on Violence Against Women
Gr&#232;ce
301.4112091
301.4129101