Construire mon bonheur
Le Suicide

" Le suicide est à la fois
un acte individuel
et un fait social "
citation de Emile DURKHEIM



Pour la personne partie.
Le suicide est le résultat d'une grande souffrance. Il est tout autant difficile que téméraire de vouloir comprendre la décision d'un proche. L'histoire personnelle de chacun lui appartient. Son lot de souffrances aussi. Respectons le.

La seule réalité: le suicide n'est ni un acte de courage, ni une lâcheté. On ne suicide pas pour mourir, mais parce qu'on a le désir de vivre autre chose, un grand désir de vivre une autre vie.  La souffrance est trop lourde, devenue insupportable. Cette vie là n'est plus possible.

Le petit bémol est que notre société fait tout pour favoriser de telles situations. Une prévention serait possible, si une décision collective pouvait être prise. Là aussi, il est plus facile de refuser d'en prendre les moyens que de faire quelque chose.  Le phénomène n'est pas prêt de s'arrêter si rien n'est fait. Pour moi, c'est un scandale social intolérable.


Pour l'entourage

Les souffrances et les culpabilités sont toujours envahissantes pour l'entourage qui reçoit cela d'un coup de fouet. 
Mais, pour ceux qui restent, est-il nécessaire de se culpabiliser d'une absence de maîtrise de la situation, alors que même les professionnels ne comprennent pas souvent ce qui s'est passé.

  Une seule chose à retenir: 

 " il a beaucoup souffert et ne souffre plus "

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"La vie est un mystère,
 la mort une rupture...
-  Une rupture qui
 fait toujours mal.
 "

  pour reprendre des idées exprimées collectivement

  

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à la mémoire de Claude mon ami.

 

Claude n’est plus, depuis le 17 Juin 2003.  Pour lui, la vie était trop dure. En sus des maladies qu’il supportait depuis longtemps, des ennuis de toute sorte se sont accumulés. En moins de 2 années cela fait le troisième suicide que je connaisse parmi mes amis. Concours de circonstances ? coïncidence ?  le fait est là, c’est tout. Inutile de remuer le passé au risque de culpabiliser inutilement quelqu’un. Quand rien n’est dit, que tout est caché, que personne n’est formé aux gestes élémentaires de secours auprès des personnes en difficulté morale, comment peut-on envisager que cela puisse se passer autrement. L’assistance de premier niveau n’appartient pas au professionnel, mais à la personne qui est là. A une personne formée certainement, mais qui donc est formé à ce secourisme ?

Comment un malade peut-il accepter de se faire aider par des professionnels rejetés par la société, alors qu’en plus de son isolement intérieur inhérent à la dépression, tout dans la société nous entraîne, vous comme moi, à l’individualisme à travers la compétition, la productivité, le rendement, la réussite, le beau et le paraître?

 

***

 

Une nouvelle façon de voir les choses de la vie, l’espoir d’un monde meilleur, serait-ce l’utopie d’un espace de fraternité, ou le souhait d’un meilleur civisme ? Peu importe, mais vous allez me dire que je rêve. Pourquoi pas! Si notre société libérale m’interdit le droit d’être triste et encore plus d’être malade dans mon être intérieur, peut être m’accorderez vous quand même l’autorisation de rêver... !

Un rêve dans les hauteurs de l’atmosphère, un rêve à 2.000 pieds au dessus des nuages, un rêve où chacun serait en mesure de mieux se connaître au fond de lui même, et donc de mieux se protéger des agressions extérieures. Un rêve ou chacun apprendrait a mieux écouter les autres dans les difficultés et les peines, à s’entraider dans les difficultés morales. Cela ne s’improvise pas. C’est vrai, mais cela s’apprend comme un permis de conduire. Un savoir vivre ensemble.

S’il est des fois où j’aurais envie de changer d’atmosphère,  vous allez me dire que je n’ai pas les pieds sur terre, mais qu’importe si je me retrouve. Si je suis moi-même. Si je me sens bien. Peu importe le voyage pourvu que l’on ait l’ivresse ! un voyage dans le rêve d’une nouvelle atmosphère sur le plancher des vaches, pourquoi pas ! Un rêve à la portée de tous et de chacun, un rêve où le civisme rejoint la fraternité. Utopie ou réalité ?

Moi, j’ai longtemps rêvé. Maintenant dans mes expériences associatives, je fais plus que rêver. J’agis, je participe.

Hier avec avec les associations "SOS Dépression 44" et "SOS Dépression 35", je me suis engagé dans l'action.  Dans de telles associations spécialisées pour les dépressifs et leur entourage, chacun est accueilli, chacun trouve sa place, est écouté et reconnu non pas comme un malade, mais comme une personne humaine qui souffre. Il s’agit avant tout de briser la solitude, de créer de nouveaux liens qui soient constructifs. Des bénévoles assurent l’information, l’organisation des échanges, et la détente nécessaire. Avec une ambiance chaleureuse en dehors de tout jugement, c’est dans le respect et la confiance que chacun peut ensuite se retrouver, en dehors de l’association, plus fort devant les difficultés relationnelles de tous les jours.

 Aujourd'hui, dans le cadre associatif, je fais de la prévention primaire, un apprentissage à mieux se connaître, mieux se comprendre, mieux s'aimer, pour mieux vivre avec soi-même et avec les autres. Connaissance de soi, connaissance de l'autre, découverte d'un autre relationnel plus convivial, plus chaleureux et surtout moins violent. Faire que chacun ait sa place sur terre et au milieu des autres.   

Partout, dans un bureau ou un service, il a aussi une place pour des volontaires, dans le souci d’un meilleur accueil de ceux qui sont en difficulté. Une formation est toujours possible. Je suis sûr, que dans les prochaines années, des volontaires répondront présent à cet appel lancé à la cantonade. Je serai là pour y répondre et d'autres aussi.

 

***

 

Le rêve d’hier devient réalité d’aujourd’hui: Dans un autre cadre je sais qu’un grand mouvement vient de se mettre en place au Ministère de l’Éducation Nationale, dans certains établissement auprès de nos enfants.  Demain, les hommes et les femmes auront reçu une éducation humaine permettant de mieux vivre ensemble.  Avec la formation à la prévention du mal être, dans les établissements scolaire, je suis vraiment convaincu que ce serait la meilleure des préventions véritables et efficaces, face au problème de la dépression et du suicide qui en découle.

         La circulaire 98-108 du Ministère de l'Education Nationale, n’est pas un projet mais une réalité, qui a déjà mis en place des comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté, ayant pour but de « rendre l’élève responsable, autonome et acteur de prévention »

- connaissance de soi

- connaissance des autres

- apprentissage à vivre ensemble

 

La détection, le repérage des situations difficiles ne suffit pas, il nous faut faire une "prévention avant".

***

 

Le suicide est aussi un phénomène résultant d'un grand malaise de notre de société d'aujourd'hui. Je pense personnellement, et le texte cité ci-dessus me conforte dans ma conviction, qu’il appartient à chacun dans sa  Liberté , d’apprendre le geste de  Fraternité  auprès de celui qui en a besoin, afin que chacun retrouve, une Égalité  dans le droit d’exister .

                                                                                
Didier 

          .

    "Atmosphère! atmosphère! est ce que moi aussi j'ai une tête d'atmosphère ?"

 "Commençons donc par réaménager la planète ! "
   me répondit mon voisin de palier.

  " Oui, commençons par semer
          et cultiver du bien vivre ensemble.
"


( module en cours de mise à jour )