Construire mon bonheur
Accompagnement associatif

"Dans notre société, tout comme en n'importe quel point du globe
La plus grande et la plus fréquente des maladies
La plus destructrice des maladies
Celle qui fait le plus de ravages
                                             C'est la solitude."
              selon Didier  votre webmaster



( module en cours de développement )
à l'attention des bénévoles associatifs
et de tous ceux qui ont le sens civique d'accompagner les proches
dans leur souffrance sans remuer le couteau dans la plaie.
 

Que l'on soit de la famille ou associatif, 
parrain, marraine ou écoutant  
accompagner c'est d'abord écouter.
 "ECOUTER PLUS QUE DIRE"

Dans notre société de plus en plus individualiste, et surtout de plus en plus agressive à l'égard de ceux qui sont différents, malades, tristes, anciens et seuls ...   Il m'est particulièrement agréable de constater  que se développe actuellement un réel mouvement de solidarité.

Personne ne devient par hasard un bénévole dans une association de solidarité. Pour accompagner ceux qui sont dans une grande détresse, ceux qui sont seuls face aux difficultés de la vie, il faut une bonne motivation. Très souvent une expérience de la vie a été le déclencheur de cet engagement humanitaire. Merci à vous.

La bonne volonté, c'est fondamental, 
mais pas toujours suffisant
.
1- Face à la tristesse, l'angoisse, la dépression. Que faire ?
1- Savoir que la guérison va venir, un mieux être est possible. 
- le mieux être dans la santé, le mieux être dans un autre relationnel, celui de mon écoute attentive
- être optimiste pour transmettre ma confiance en l'avenir.
2- La dépression c'est souvent long
- être compréhensif, attentif,
3- Avoir soi-même, de la patience et de l'espoir.
- Je ne peux donner que ce que je possède en moi. Sinon rien n'est possible.
4- Prendre les moyens de tenir bon
- me protéger
- ne pas mettre la douleur de l'autre sur mon dos.
- cela ne rend aucun service à l'autre, pire encore, je ne pourrai plus l'accompagner convenablement.
5- Tisser des lien d'amitié. compréhension, empathie, partage...
-  Bien au-delà de tout autre élément de conversation, le principal c'est de créer un lien affectif, faire que subsiste l'excellent souvenir d'une conversation attentive, que demeure en ses souvenirs votre présence rassurante. En un mot: briser la solitude
6- Apprendre à parler à une personne en difficulté
- pour parler, commencer par se taire
- lui parler comme s'il était en bonne santé

- je ne suis pas là pour lui rappeler sa maladie 
- mais pour ouvrir une fenêtre sur un rayon de soleil...
7- Savoir conduire une écoute neutre et active (Carl Rogers)
- mon atout fondamental d'associatif n'est pas la technicité professionnelle mais mon coeur à ouvrir.  
- cependant il y a des questions à ne pas poser (NEUTRE)
- une nécessité d'orienter la conversation sur du constructif (ACTIVE)
8- Savoir parler sans rien dire.
- écouter c'est déjà beaucoup
- faire preuve d'attention à ce qui est dit c'est fondamental.
- Laisser parler mon coeur.

9- Ne pas juger
- que ce soit triste, joyeux ou grave ... je dois rester neutre. Ni triste, ni joyeux
10- être souriant
- si je suis souriant sur mon visage, mon coeur aussi le sera. Le langage de mon coeur se transmet tout autant au travers de mes silences pour écouter, que de mes petits mots pour accompagner. C'est le mesage principal, le plus important que je peux transmettre.

Enfin, si besoin est, lui donner un ticket
 

Ecouter est une aide irremplaçable. Si cette personne avait pu exprimer sa souffrances à son entourage, et c'est un besoin nécessaire pour évacuer et se libérer, elle n'aurait pas eu besoin de venir se confier auprès de moi. Je suis un écoutant bénévole,  je dois lui montrer que je prête attention à tout ce qu'elle me dit. En décrochant le téléphone, tout de suite je dois me mettre dans la situation d'écouter ses souffrances et ses difficultés, même si elle me parle d'autre chose. Essayer d'écouter ce qu'elle ne m'exprime pas à travers des mots, mais veut me dire à travers cet appel téléphonique.

Marion 26 ans en études à la FAC à 200 km de chez ses parents, appelle sa mère pour lui demander une recette de cuisine: faire cuire des endives au jambon. Après lui avoir donné la recette, sa mère lui demande comment se déroulent ses études. Elle répond rapidement "C'est OK. Tout va bien. je rentre en cours tout de suite. Bisous" et raccroche. 
Dans cet exemple, pourquoi Marion a-t-elle téléphoné à sa mère? Pour obtenir une recette de cuisine? non je ne le pense pas! Mais pour une autre raison bien plus importante
--> se sentir écoutée
--> se sentir aimée
--> être rassuré, en confiance.
--> retissser un lien existant
Rien n'a été exprimé par la parole, mais tout a été dit dans une conversation banale et anodine.
Le plus important est souvent le non-dit, aussi bien dans la conversation de la personne accompagnée, dans la conversation de l'écoutant.

A cette personne, je dois lui monter que je prête attention à tout ce qu'elle dit. Même si elle n'ose pas raconter ce qu'elle a besoin de dire. Il y a parfois un non-dit, que je peux imaginer et quelques fois entendre.

Cette personne qui m'appelle, je dois la mettre en confiance.  Je ne pose pas de question sur sa maladie ou sur les difficultés de sa vie. Je dois rester neutre.  Donc je ne lui pose pas de questions intrusives du genre:
- Comment cela est arrivé ?
- Depuis quand ?

- Pourquoi ?
- Comment ?
- Secoue-toi
- Fais un effort
- Réveille-toi
- As tu mal ?
- Comment vas-tu ?

Ne pas dire "Comment vas-tu ?", parce que c'est évident que cela ne va pas. Sinon cette personne ne m'appellerait pas. Et quand cela ne va pas on n'a jamais envie d'en parler, surtout si on me pose la question.
1- Dire "comment vas-tu" c'est comme remuer le couteau dans la plaie.
2- Tutoyer n'est très respectable, à moins d'y être explicitement invité.
La personne en souffrance, ne racontera que ce qu'elle a envie de raconter. Elle racontera quand elle se sentira en confiance et en aura envie. C'est son choix, c'est sa liberté.

Je respecte la personne qui m'appelle. Je ne la tutoie pas.

Par contre je peux dire:
-
"Bonjour, c'est Didier de l'association Vivre-Mieux"
-
"Je vous écoute"
-
"Oui"
- Je réponds "Oui" en fin de séquence, après un petit silence pour ne pas couper la convestation.

Si toutefois il y avait un grand silence
- je dis "Oui je vous écoute"
- ou bien
"Oui j'entends, ce n'est pas facile"
Surtout ne jamais raccrocher le téléphone
- Laisser parler le silence
- et de temps en temps dire un petit mot"Oui je suis là avec vous"
-
"Je vous entend"
Ne pas couper le silence par une longue phrase.
Même si la personne ne dit rien par des mots
elle aura exprimé sa souffrance par un silence.
Savoir écouter le silence est fondamental.

Il n'y a pas des conversations banales et des conversations intelligentes. Il y a seulement des conversations qui créent des liens, et d'autres qui ferment les portes.
Je peux m'intéresser à ce que cette personne vit autour d'elle.
si alitée - Vous avez des visites ?
si à l'hôpital- Les repas sont-ils bons ?
sinon- Un centre social avec des activités à coté de chez-vous ?
ou éventuellement - Des amis viennent vous voir ?
L'écoutant est là, pour inviter à parler du relationnel, ce qui se passe autour, aider à tisser des liens avec d'autres.
L'écoutant ne doit pas stigmatiser la personne dans sa maladie et ses difficultés.  Ne pas enfoncer le clou, ni remuer le fer dans la plaie.

La personne qui appelle, parlera de sa maladie, de ses difficultés, de ses souffrances.
1- L'écoutant écoute ce qui est dit. Réponds "Oui", éventuellement reprend un mot clé de la conversation pour manifester son attention, et inviter à continuer.
2- L'écoutant essaiera d'inviter la personne à ouvrir son regard vers des liens qu'il peut y avoir autour d'elle.

Exemple de conversation au téléphone,
avec la reprise de mots clés ( soulignés ) et l'invitation vers un lien social :


"- Bonjour Monsieur
- Bonjour, C'est Didier de l'association Vivre-Mieux
- Je vous appelle parce que cela ne va pas.
- oui je vous écoute
- Cela fait longtemps que je suis malade
- longtemps
- oui depuis que mon mari est décédé. Maintenant je suis seule et abandonné de toute la famille.
- seule                         ( reprise du mot clé )
- Personne ne vient me voir.
- oui, personne            ( reprise du mot clé )
( silence )
- je suis là pour vous écouter 
( silence )
- Vous êtes seule        ( reprise d'un mot clé  )
(  silence ) 
- Mes enfants sont partis. Je ne les vois plus. C'est ma grande souffrance.
( silence et pleurs )
je comprends
( silence ) 
- Je vous entends. Ce n'est pas facile.  
( un court silence )
- y a t-il un centre social avec des activités ?  ( invitation vers un lien social )
- Non je suis en campagne. La voisine quand elle vient, c'est pour me parler de son ulcère d'estomac et de son mari qui l'a quitté. Je n'en peux plus. J'en ai plein les oreilles. Il n'y a qu'elle qui compte, je ne peux rien dire. Moi, j'ai bien assez de mes soucis.
( petit silence )
- C'est sympa à vous de m'avoir écouté. Je me sens un peu mieux, je vais raccrocher. Merci à vous.
- Je suis là, pour vous écouter.
( un petit silence )
- Appellez quand vous avez besoin."
( et la personne raccroche son téléphone )
  

De même que le conducteur part rassuré, parce qu'il y a une roue de secours dans sa voiture,  

1- La personne est rassurée, parce qu'il y a un numéro où elle peut appeler et être écoutée, comprise. Un tel numéro de téléphone c'est rassurant, c'est comme une roue de secours, on peut s'en servir en cas de besoin.

2- Il y a moins de solitude, la personne a mit quelqu'un dans sa tête.

3- La personne a exprimé ses souffrances, elle a été écoutée, c'est un soulagement réel.

4- il y a eu respect de la personne. Aucune question intrusive sur elle-même. Seulement une reprise de ce qu'elle a pu exprimer, à travers le mots clés exprimés.

--> bien apprendre à repérer le mot clé dans une phrase écoutée, pour être à même de l'utiliser et relancer la conversation.