Construire Mon Bonheur

 

 Comment passer
de la violence à la paix

« En Janvier 1941  Raymond aida son collègue de régiment  parce qu’il n’avait plus la force de monter dans le camion. Pour cela, il sera jeté du camion qui devait lui permettre de quitter le camp de Châteaubriant. Un camp où il ne restait plus rien, puisque tout avait été découpé et grignoté de l’herbe jusqu'à la plus petite brindille, chaque arbre et chaque racine. Ce que la dent ne pouvait avoir, le couteau l’a découpé en petits morceaux pour être grignotés afin de couper la faim entre les déversements épisodiques d’un sac de pommes de terre crues au bout du champ, par l’occupant. Rien pour faire cuire, rien d’autre à manger pour tenter de survivre. Pas de sanitaire, pas de toit ni de protection durant l’été pluvieux et l’hiver qui ont suivi.

Plusieurs fois, il me raconta cette épreuve douloureuse qui fut le début d’une longue vie de souffrance continuelle et des maux de têtes insupportables. Je me souviens, dans ma jeunesse que 15 ou 20 comprimés d’aspirine ne pouvaient qu’atténuer les douleurs continuelles. Il fallait du silence, il ne fallait pas de bruit autour de lui, tant la souffrance était grande.

Il restera dans le fossé, abandonné pour mort. Plusieurs jours après, des nord-africains le ramasseront et le transporteront pour le soigner. Un rein était gelé, sa colonne vertébrale était déviée et tordue. Recherché par l’occupant il devra se cacher et changer d’hôpital à chaque instant. A la fin de la guerre il bénéficiera d’une première opération à l’hôpital Broussais.  Plusieurs fois, mon père me racontera son passé, mais jamais je ne compris la profondeur de son histoire. Dernièrement revenant sur les lieux du Camp de CHOISEL, près de Châteaubriant,  c’est avec émotion que j’appréciai la pose d’une stèle à la mémoire des prisonniers de guerre, qui parqués comme des animaux, y ont passé une longue tranche de leur jeunesse. Les autres, excepté lui tombé dans le fossé, furent envoyés dans des camps de prisonniers en Allemagne.

 

Il y en a qui ont laissé leur vie, d’autres qui n’ont cessé de souffrir dans leur corps et dans leur cœur pour avoir défendu la liberté des autres. Moi, à partir de tout cela il ne m’est pas possible de demeurer indifférent à ce qu’ils ont fait pour mon confort aujourd’hui.

Ils se sont battus, pour la liberté, moi, je m’engage à travers le mouvement associatif pour plus de fraternité, cette autre valeur humaine que mes ancêtres révolutionnaires m’ont si chèrement léguée. Merci donc, à tous ceux qui se sont battus pour moi. Me sera-t-il possible un jour, d’être digne de tout ce qu’ils ont donné, de leur jeunesse, de leur santé et de leur vie.

 

La fraternité, est la seule clé qui puisse ouvrir la voie du mieux- être et briser la violence actuelle dans nos sociétés. L’amitié et la fraternité sont le chemin de la paix.

Dernièrement, reparlant de tout cela auprès de ma mère, avec ses 89 ans elle me dit : « quand il m’a raconté ce qui lui était arrivé, je ne me suis pas étonné,  c'était sa générosité. »

 

Pour moi, suivre les traces de mon père, ce n’est pas vouloir refaire la même chose, mais m’inspirer de l’esprit de fraternité qui l’animait, pour répondre aux nouvelles circonstances de la vie d’aujourd’hui.

Ce sont les racines de ma vie, c’est la sève qui circule dans mes vaisseaux et me donne la force de refuser la médiocrité »

Extrait du recueil de poésies « Fraternité »
Auteur « Didier »

 

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Violence d’hier et d’aujourd’hui

Hier la violence était principalement celle de la guerre. Avant 39-45 ce fut 14-18 et  70 et bien d’autres encore.


La violence de notre société d’aujourd’hui, nous éloigne de la paix. Les faits sont là :

1- N’importe qui se permet d’avoir des paroles violentes ou des écrits provoquants, à l’égard des autres.
2- Les personnes qui se sentent concernées réagissent avec encore plus de violences.
3- Cela s’enchaîne et continue, c’est l’escalade de la violence. Chacun en remet une couche.
4- Personne n’est tué, personne n’est blessé, nombre d’entre nous se sentent obligé de prendre parti ici ou là. Notre société est divisée, tout le monde souffre.

Au départ c’est une provocation, un sentiment d’injustice, un manque de contrôle avec l’alcool ou tout simplement une grande souffrance mal vécue. Lorsque le processus de la violence est en marche, il est parfois bien difficile de l’arrêter.

Les premiers en appellent à la liberté d’expression, les autres au nom de la défense de leur dignité.
Les uns comme les autres ne font que donner un os à ronger aux extrémistes adverses !
Et c’est la spirale sans fin.

En 1988 avec Salman Rushdie le livre « Les versets sataniques »
En 2012 avec Nakoula Basselet le film « L’innocence des musulmans »
Mais point n’est besoin d’aller si loin pour constater la violence qui nous entoure quotidiennement.

La sagesse, ce serait peut-être de ne pas attiser la haine, ni provoquer ceux qui attendent un petit signe pour déchaîner leur violence. Et si la violence était comme le feu, que je ne peux pas ou difficilement contenir. Ne pas attiser le feu, serait une solution pour lui éviter de nous envahir.

Dans la cour de récréation, ce sont les disputes qui quelques fois se terminent très mal
Pour accéder au métro, sur le quai on se bouscule
Pour stationner sa voiture sur le parking, on en voit de toutes sortes.
Au super marché, on essais de passer devant les autres à la caisse.
Et tous les jours, ici et là, ce sont les uns contre les autres

Dans notre société

La paix que nous vivons dans l’hexagone, est toute relative. Les violences verbales, écrites ou diffusées sur les médias sont une atteinte réelle au calme et à la paix dont aspirent nombre d’entre nous. Avec une telle zizanie entre nous, il ne m’apparait pas crédible, ni possible de vouloir construire ailleurs, la paix que nous n’arrivons pas à vivre ici.

La paix des armes commence par la paix entre nous.

 

Dans ma vie sociale

Quelle paix puis-je imaginer construire, si je suis dans des désirs de possession et de réussite. Le seul désir de vouloir tout posséder, m'attache au bien que je veux acquérir. Il ne m'est pas possible de mettre en même temps ma main sur un objet et sur mon coeur. En voulant réussir mieux que les autres, je n'écoute plus mon désir intérieur mais me disperse dans une compétition sans merci. Dans ce dernier contexte, il me sera bien difficile de créer du lien social avec ceux qui m'entourent.

 Aucun organismes international, aucune structure nationale, aucune associations de paix, ne pourra construire une paix durable, si chacun de ses membres ne porte cette action dans son désir intérieur. 

Dans mon être intérieur

Aujourd’hui plus qu’hier, il m’est bien difficile de vivre une paix intérieure.
Et s’il ne m’est pas possible d’être en paix avec moi-même, comment me peut-il être possible d’être en paix avec mes proches, avec ceux qui m’entourent, et à fortiori avec la société dans laquelle je baigne comme un poisson dans l’eau.

Ma paix intérieure, il m’appartient de la construire. Devenir moi-même, m’aimer, me respecter, me donner du temps pour me sentir bien dans ma peau. Etre bien dans mes pompes. Commencer par prendre soin de moi, c’est le chemin incontournable pour avoir la paix en moi, la rayonner et la diffuser autour de moi. La paix ne vient de nulle part, ne s’impose pas, ne se légifère pas, ne se décrète pas. La paix vient de mon intérieur.


Si je suis en paix avec moi-même,
Il me sera plus facile d’être en paix avec les autres.

Et alors même sans en parler,
La paix se communiquera plus facilement autour de moi.

 

 

 

« Notre seul point commun
C’est la richesse de nos différences ».

« Nous sommes tous complémentaires ».

« Alors, la recherche d’un mieux vivre
 dans la paix est possible »
.


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Rapport du Secrétaire Général des Nations Unies
septembre 2000

 

Promotion d’une culture
 de la non-violence et de la paix
au profit des enfants du monde
vers une communauté mondiale juste et pacifique.

 

1) Le renforcement d’une culture de la paix par l’éducation;

2) La promotion d’un développement durable sur les plans économique et social;

3) La promotion du respect de tous les droits de l’homme;

4) Les mesures visant à assurer l’égalité entre les femmes et les hommes;

5) Les mesures visant à favoriser la participation à la vie démocratique;

6) Les mesures visant à développer la compréhension, la tolérance et la solidarité;

7) Les mesures visant à soutenir la communication participative
et la libre circulation de l’information et des connaissances ;

8) Les mesures visant à promouvoir la paix et la sécurité internationales.

 

 

L’UNICEF estime que l’éducation est un élément essentiel si l’on veut prévenir les conflits et l’intolérance et créer des conditions favorables à la paix. Le Fonds a élaboré un large éventail de programmes de sensibilisation à la paix visant à :

a) aider les enfants à acquérir les compétences nécessaires, notamment en matière de communication, pour régler les problèmes quotidiens;

b) favoriser l’épanouissement des enfants et renforcer leur confiance et le respect de soi;

c) amener les enfants à mieux comprendre d’autres peuples et cultures afin d’éliminer les stéréotypes négatifs et de promouvoir la diversité et les valeurs universelles.

Les activités de l’UNICEF dans ce domaine s’appuient sur l’article 29 de la Convention relative aux droits de l’enfant, et comme le Fonds l’a indiqué dans son « Programme antiguerre »,

« Les différends sont peut-être inévitables,
mais la violence est évitable. »

« Pour prévenir les cycles de conflit,
il faut utiliser l’ éducation pour promouvoir la paix et la tolérance,
et non pour attiser la haine et la suspicion ».