Construire Mon Bonheur

Vivre avec la richesse de nos différences

S'il est une différence qui fait peur plus que les autres, parce que c'est bien de la peur dont il faut parler, c'est bien celle de la "Trisomie 21".

La Trisomie 21
Pour celui qui n'a jamais pris un enfant trisomique dans ses bras, il lui sera bien difficile de me comprendre, ni d'accepter au premier abord et par le seul visuel, que la différence en question, n'est pas un handicap pour la personne trisomique, mais pour les autres. J'ai toujours en mémoire le ressenti corporel, de ces enfants qui dans mes bras ont pu me communiquer avec encore plus d'amplitude leur capacité affective, et leur joie de vivre éminemment intense. Ils ont une capacité affective égale à nulle autre pareille. Vraisemblabement plus intense parce que plus naturelle, moins altérée par le souci des valeurs de la réussite et de la compétition imposée par notre société. 

La personne trisomique, et l'enfant trisomique bien plus encore avant qu'il ne soit déformé par la société, possède en son coeur une richesse affective que d'aucun de nous ne peut prétendre arriver à la cheville. Cette chaleur humain qui est le principal composant du bonheur auprès duquel chacun de nous courons, et parfois en vain, est leur héritage. Merci donc à eux de nous ouvrir les yeux et permettre à chacun de nous de prendre au moins quelques instants de vie, pour remmettre les pendules à l'heure du bonheur, celle de regarder, contempler et vivre l'affectivité un peu à l'image de ce qu'ils sont capables de nous montrer.

Une chorégraphie avec des enfants trisomiques. Merci à eux.


Il et d'usage dans notre "jargon sociétal" de dire que les personnes trisomiques sont handicapées. En fait il n'en est rien, c'est seulement la société qui est inadaptée au vivre ensemble, et surtout inadaptée à ceux qui ont une richesse humaine différente à partager. Et croyez-moi, en maintes circonstances, j'ai pu constater qu'ils savaient partager mieux que nous. 

Comment nous est-il pas possible de courir deux lièvres à la fois: conserver nos valeurs humaines, les développer, les enrichir et nous adapter aux nécessités d'intégration pour arriver à nous insérer dans la société et devenir autonome ? Nous manque-t-il une paire de lunettes pour mieux nous connaître ou une prise de conscience différente pour éviter de passer à coté de la vie. Par contre, il est vrai que tout accident de la vie ou toute différence imposée, me contraint à regarder la vie différemment. Bien souvent entre ceux qui auront vécu de telles expériences dans leur coeur et dans leur corps et bien plus grave encore dans le regard incompréhensible des autres, et ceux qui ignorent tout cela, se creuse un tel abîme tel que chacun a l'impression de vivre sur une planète différente. 

Enfin, ne nous voilons pas la face, c'est une maladie avec son lot d'incertitudes et de complications. Parmi ces dernières, les risques  liés aux accidents de fonctionnement des organes vitaux comme le coeur et les sytème circulatoire.  De ce fait acceptons de comprendre avec plus d'empathie les parents qui n'ont rien demandé, et font de leur mieux face aux incertitudes de l'avenir.

Je ne pense pas non plus, que pour accepter la différence il soit nécessaire de vivre la même chose dans son corps, de faire des exercices d'apprentissage mais seulement d'ouvrir son coeur. OUVRIR SON COEUR à la différence.